Bonus WEB - lundi 21 juin 2010
dette
Elles sont trois agences de notation, toutes trois américaines, qui décident de votre notation internationale. Noté AAA, vous êtes un très bon élève, ce qui vous donne droit au crédit international de 3 % ; mais dès que la note quitte cette excellence, vous tombez brutalement chez les damnés de la finance. L’enfer est à B, le super enfer à C.
La Grèce, noté B, malgré les assurances européennes, emprunte à 6-7 % : le double de la France !
Qui sont ces juges de la finance internationale ?
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Moody's(NYSE : MCO), officiellement Moody's Corporation, est le holding de Moody's Investors Service, société active dans l'analyse financière d'entreprises commerciales ou d'organes gouvernementaux. Elle est également connue pour ses notations financières standardisées des grandes entreprises en fonctions du risque et de la valeur de l'investissement. Elle a 40% des parts de marché dans le domaine de l'estimation de crédit au niveau mondial.
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Standard & Poor's (S&P) est une filiale de McGraw-Hill qui publie des analyses financières sur des actions et des obligations. Elle est connue sur le marché américain pour son indice boursier S&P 500, pour son pendant australien, le S&P 200, ainsi que pour l'équivalent canadien, le S&P TSX.
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Fitch Ratings Ltd est la troisième. La société a été fondée par John Knowles Fitch le 24 décembre 1913 à New York sous le nom Fitch Publishing Company. Elle a fusionné avec la société IBCA Limited, basée à Londres. En 2000, elle a acquis les sociétés Duff &Phelps Credit Rating Co. et Thomson BankWatch.
La France emprunte actuellement à 3 % et le paiement de la facture réclame la totalité de l’impôt sur le revenu. Il est donc évident que nous ne pouvons nous permettre un déclassement et une remise en cause de notre note AAA.
La France : l’un des ratios les plus élevés
Que nous annonce l’agence Fitch ?
« La dette française de la France était élevée à l’orée de la crise et elle augmente sensiblement. On s’accorde toujours à penser qu’à la fin de 2011 la France aura l’un des ratios les plus élevés parmi les dettes souveraines classées AAA. » Fitch salue certes la volonté de Paris de ramener le déficit à 3 % en 2013, mais… « Il existe un risque significatif de dérive budgétaire ».
L’avertissement de Fitch, qui ne fait d’ailleurs que suivre l’analyse de Moody’s, est fort clair : ramener en trois ans notre déficit de 7-8 % à 3 % ne doit pas constituer un vague programme, mais un impératif absolu.
Chacun d’entre nous doit en avoir conscience et y travailler dans son domaine. Malheureusement, le mauvais exemple vient d’en haut : face à la crise grecque, l’Europe est discrète. L’Allemagne ne veut, ni ne peut intervenir massivement.
Les leçons de la géopolitique semblent oubliées : les guerres et les grandes crises commencent souvent par un événement secondaire, comme la dépêche d’Ems, l’attentat de Sarajevo, etc. Le Figaro littéraire retrace les tristes journées de juin 1940 : elles furent précédées par six mois de fausse guerre, où la préoccupation politique majeure visait à diffuser le théâtre aux armées pour distraire nos soldats.
Aujourd’hui, face à notre faiblesse économique, nous parlons de réforme sans véritable mobilisation.
Et si la crise grecque se voulait, un solennel avertissement ? La réforme des retraites est un vrai test et doit aboutir, avec la collaboration de tous. Je dis bien : de tous…
Hubert de Beaufort,
Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame
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