Lambert Christian - jeudi 01 janvier 2009
Depuis 1945, année au cours de laquelle furent solennellement promises la paix et la prospérité dans le monde entier, jamais la planète n’a connu autant de guerres avec leurs sinistres conséquences de victimes, de destructions et de misère.
Essayons de les classer avant de les commenter. On peut les répartir en trois catégories.
1) Les guerres de décolonisation, souvent apparentées aux affrontements ethniques.
2) Les guerres idéologiques.
3) Les guerres de religion.
La guerre de décolonisation-type fut la guerre d’Indochine (1945-1954) perdue par la France à Dien Bien Phu, en mai 1954, et la guerre d’Algérie également perdue par la France, sinon militairement, du moins politiquement. L’Algérie ne s’est, au demeurant, jamais relevée de sa victoire, minée par la corruption et l’incurie de ses dirigeants auxquels s’ajoutent la guérilla et le terrorisme islamistes.
La guerre idéologique « modèle », si j’ose dire, est la guerre de Corée. La Corée du Nord, soutenue par la Chine de Mao Tse Toung, envahit et ravage la Corée du Sud en 1950. Les États-Unis interviennent. Le général McArthur écrase les assaillants communistes coréens et chinois et libère la Corée du Sud, aujourd’hui l’une des principales puissances industrielles du monde. La Corée communiste, quant à elle, voit sa population mourir de faim par centaines de milliers et survit dans les ténèbres, mais, grâce à la Chine, dispose de la bombe atomique. Une autre guerre idéologique fut la guerre interne du Cambodge (1965-1975) alimentée par Pékin. 2 millions de morts, le plus beau génocide du siècle, avec comme innovation, l’utilisation des enfants pour torturer et tuer dans l’esprit du grand camarade Mao, ce « génie de l’humanité », comme disait, tout saisi d’admiration, un président de la République française qui pourtant n’était pas communiste et que l’on classe même à droite. Même le continent américain n’est pas épargné, avec en Amérique centrale et en Colombie une guérilla de nature communiste et castriste qui crée l’insécurité depuis des décennies.
Les guerres de religion, dues essentiellement au réveil de « l’islam de la revanche », libéré par la décolonisation, sont en cours depuis 60 ans, avec, comme chacun sait, la guerre entre Israël et les pays musulmans du Proche et du Moyen Orient. Il est à noter que les musulmans ne combattent pas seulement le judaïsme et la chrétienté, mais se battent entre eux, chiites contre sunnites. La guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988) en a été l’illustration avec, là aussi, du côté des ayatollahs l’utilisation des enfants pour sauter sur les champs de mines afin de faciliter le passage des combattants. Nul n’ignore que c’est à l’islamisme que l’on doit la généralisation du terrorisme, en particulier des attentats-suicides dont chaque jour enrichit la dramatique collection. Enfin rappelons que les récentes guerres dans les Balkans (1991-1998) sont à la fois d’inspiration idéologique – la Serbie stalinienne – et religieuse – la Bosnie musulmane. Un mot aussi de la guerre entre catholiques irlandais et protestants anglais (1972-1988), parfaitement moyenâgeuse.
Ces massacres, tueries, et autres génocides étant toujours en cours, la question se pose de savoir ce qui va se passer demain. La réponse est simple : ça va continuer, n’en déplaise à nos concitoyens qui, comme les autruches, n’aiment pas la vérité, et à leurs dirigeants qui, eux, adorent la méthode Coué avec souvent, hélas, une grande malhonnêteté.
L’Afrique, le continent du chaos qui a connu une centaine de coups d’État depuis les indépendances connaîtra d’autres coups d’État et d’autres tueries à la machette ou à la kalachnikov entre ses tribus « premières » qui s’entre-tuent avec allégresse. La piraterie maritime qui se développe à partir des côtes de l’Afrique de l’est n’est pas seulement pittoresque, elle illustre de façon spectaculaire l’impuissance de l’homme blanc et le déclin de l’Occident. Mais c’est surtout la guerre de religion et de civilisation menée par l’islam radical qui s’étendra et s’aggravera. Il n’est pas exclu que le Proche et le Moyen Orient tombent sous la coupe de l’islam d’Al Qaïda et des talibans qui disposeraient alors de la bombe pakistanaise et bientôt iranienne. Ce qui s’est passé à Bombay, pourrait bien aussi se dérouler à Paris, Londres ou Berlin, dans une Europe qui compte désormais quelque 30 millions de musulmans dont le nombre s’accroît de jour en jour et en faveur desquels on n’arrête pas de construire des mosquées (en France 200 nouvelles mosquées sont prévues) et de distribuer des allocations de toute nature, en attendant, en France, les nominations aux plus hautes fonctions de l’État, au nom de la diversité – ce qui serait un véritable suicide.
Pessimisme excessif, dira-t-on ? Non. Ces perspectives sont également celles du « Monde », journal de gauche mais néanmoins sérieux qui écrit dans sa livraison du 4 décembre qu’il ne faut pas exclure un attentat nucléaire ou biologique de grande ampleur en Occident. Il convient d’ajouter à cela l’anarchie qui se développe un peu partout. La Grèce en apporte la démonstration qui pourrait se poursuivre en France ou, après de graves émeutes, il n’y a pas si longtemps, des combats entre bandes rivales d’immigrés maghrébins d’un côté, africains de l’autre, se succèdent presque chaque semaine avec, en perspective très attendue, le grand pillage espéré depuis tant d’années ?
Bref, on récolte ce qui a été semé depuis 60 ans, alors qu’on célèbre en grande pompe le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme ! Si tout cela n’était pas aussi tragique, grotesque et redoutable, plutôt que d’en pleurer, on devrait en rire !
En 1945, les princes qui nous gouvernaient, les démocrates de toute espèce et les communistes d’obédience soviétique avaient promis la paix, le respect des droits de l’homme, la prospérité et la démocratie et l’on a eu les guerres à répétition, les génocides, la misère et ses famines et, en fait de démocratie, l’anarchie assaisonnée de corruption.
Un mot encore pour terminer : le coût gigantesque de ces destructions et des achats d’armements et de munitions est supérieur à la totalité de l’aide prodiguée au Tiers-monde. Qui fait mieux, qui dit mieux ?
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