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Des origines d’une décadenc


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Menou Pierre - dimanche 28 mars 2010

femme

L’histoire bégaie, dit-on. Si ce n’est pas tout à fait exact, du moins les mêmes causes produisent les mêmes effets, la nature humaine ayant beaucoup moins évolué au fil des siècles que nos contemporains le croient. Voici, pour enrichir la réflexion de nos contemporains sur notre situation, un texte de Polybe, mort en 124 avant Jésus-Christ et témoin consterné de la décadence de la Grèce :

« Nous n’avons eu à subir ni épidémies, ni guerres prolongées, et pourtant les villes sont désertes et les terres stériles. Nous manquons d’hommes parce que nous manquons d’enfants. On aime trop l’argent et le bien-être, pas assez le travail. Par suite, on ne veut plus se marier, ou, si l’on se marie, on tâche de n’avoir pas plus d’un ou deux enfants, afin de les élever dans le luxe et de leur laisser un plus bel héritage. »

Dans Le Parisien du 24 mars 2010, on apprend que « Les Parisiennes font des bébés de plus en plus tard ». Dans la capitale, selon le dernier recensement de l’Insee, les femmes ont leur premier enfant à 31 ans et 4 mois. « Cette tendance à devenir mère tardivement s’accentue, et peut poser des problèmes », constate le journal.

Le phénomène inquiète le Collège national des gynécologues et des obstétriciens français, qui avertit : « La fécondité décline avec l’âge et, à force d’attendre l’homme idéal, la maison idéale, le moment professionnel idéal, les femmes courent le risque de ne plus pouvoir avoir d’enfant. »

« On ne peut pas tout faire en même temps ! » proteste Gaëlle, cadre supérieur de 35 ans qui essaie d’avoir un bébé depuis deux mois. « Mes copines et moi, on a fait des études longues et difficiles, ce n’est pas pour tout gâcher en faisant un gosse en sortant de l’école de commerce. On a bossé, on a décroché des postes importants, on s’est installées (sic). Et c’est seulement maintenant qu’on s’autorise à penser à la maternité. Moi, je me sens assez rassurée professionnellement, et aussi financièrement, pour accueillir un bébé convenablement. »

« Conséquence logique, commente Le Parisien : les Parisiennes font moins d’enfants que les provinciales, avec 1,6 enfant par femme. » Un chiffre au-dessous du renouvellement des générations.

Voilà 2134 ans, Polybe mourait.


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