Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Deux leçons opposées d’économie politique


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
1 VOTES
763 LECTURES

Trémeau Bernard - dimanche 20 mars 2005


Deux événements ont marqué la semaine passée. L’un français, bruyant, l’autre américain, discret.

La France syndicale, dans une débauche de beaux drapeaux, en général rouges, a manifesté pour gagner plus tout en voulant continuer à travailler moins. Vivent les augmentations de salaires et vivent les 35 heures payées comme 39. Les syndicats avaient appelé tous les salariés à manifester. Le secteur public a répondu présent et une fois de plus la SNCF, la RATP ou les aéroports n’ont plus été au service du public. Le jour même, le gouvernement a doublé l’augmentation de salaire prévue dans la fonction publique. Elle est passée de 1 % à 2 %. L’État devra donc réduire ses autres dépenses (routes ou recherche publique par exemple), augmenter nos impôts ou augmenter notre déficit budgétaire.

Un élément intéressant doit être noté dans toutes ces manifestations : les salariés du privé, convoqués comme les salariés du public, ont brillé par leur grande discrétion. Ce qui montre qu’à l’heure de l’Europe et de la mondialisation, les salariés du privé ont compris ce qu’était l’économie de Marché et que leur entreprise pouvait aller s’installer sous des cieux meilleurs que le ciel de France. Les syndicalistes du public ont alors demandé au gouvernement de faire pression sur les patrons et le Medef, pour que les salariés du privé profitent aussi de la grève du métro ou de la SNCF. Ce que le gouvernement a immédiatement accepté de faire.

Finalement, les syndicalistes ont eu raison de manifester. Ils ont une fois de plus réussi à obtenir une augmentation de revenus aux dépens du reste du pays. Nos syndicalistes semblent ignorer que toute augmentation de salaires non accompagnée d’une augmentation de la productivité n’est que du vent. Leur augmentation de pouvoir d’achat ne peut que s’accompagner d’une diminution du pouvoir d’achat de tous les autres, par l’inflation. Nos syndicalistes utilisent le monopole des services publics pour se faire offrir par le public une augmentation de revenus. Bravo. Et Merci…

Pratiquement le même jour, Alan Greenspan, le responsable de la banque centrale américaine (la FED) donne un cours de fiscalité aux sénateurs américains. S’ils veulent que les USA deviennent encore plus riches, ils peuvent le faire. Cette plus rapide augmentation du PIB dépend d’eux. Ils doivent remplacer l’impôt sur les revenus par la TVA. L’explication donnée est lumineuse.

La TVA ne touche que les revenus qui se dirigent sur la consommation, et laisse non imposés les revenus qui sont économisés, c’est-à-dire qui sont confiés à des banques ou à des caisses d’épargne. Or les revenus économisés sont finalement investis. En remplaçant les impôts sur les revenus par la TVA, on permet ainsi aux investissements d’être plus importants. On augmente la productivité et la richesse de tous.

De plus, la progressivité de l’impôt sur le revenu fait que les gros revenus sont les plus imposés. Or ce sont justement les gros revenus qui capitalisent le plus. La progressivité des impôts réduit encore plus les capacités d’investissement du pays, donc ses augmentations de productivité.

Les sénateurs américains ont sagement écouté le patron de la FED. Alors que la sensibilité politique de Greenspan se situe probablement du côté des démocrates, les républicains ont vivement applaudi et certains démocrates ont marqué leur étonnement, mais n’ont pas hurlé.

Un monde sépare la démocratie française de la démocratie américaine.

En France, la rue impose sa loi et elle continue à dicter au politique sa conduite. On ne respecte pas le vote des électeurs. Le rouge dominait fortement dans les défilés. On croit donc encore aux idées de Marx, malgré leur effroyable échec. Enfin, les responsables politiques refusent d’écouter ce que disent les responsables monétaires. Aucune véritable réforme n’est possible. La société est bloquée dans la pauvreté et le chômage.

Aux USA, la rue n’impose pas sa loi. On respecte le vote des électeurs. Les sénateurs font les réformes qu’ils avaient l’intention de faire, en écoutant attentivement ce que disent les responsables monétaires. Et la société évolue vers encore plus de richesse.


14 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
TSUNAMI

Le bilan définitif du tremblement de terre du 26 décembre serait de 273 435 morts dont 220 000 pour l’Indonésie.

 

Divers faits

TRADUCTION á L’UE emploie 500 interprètes permanents, ainsi que de nombreux « free lances » parmi 2 700 accrédités. À noter : fin 2004, 499 interprètes, statutaires ou contractuels, couvraient les besoins liés au passage de onze à vingt langues officielles!

TEXTILE á Les importations de textiles chinois ont augmenté de plus de 50 % en janvier 2005 par rapport à l’année précédente!

CAC 40 á Les rémunérations des PDG des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 10,3% en 2003. La même année, celles des PDG des 120 plus grandes entreprises progressaient de 6%.

PORTABLE á En 2003, on comptait 80 abonnements de téléphonie mobile pour 100 habitants dans l’UE-25.

EPCI á 64 nouveaux établissements publics de coopération intercommunale sont nés en 2004, s’ajoutant aux 2461 déjà existants. Actuellement 84% des communes françaises sont concernées par l’intercommunalité, ce qui représente environ 54,2 millions d’habitants.

HABITAT á 112000 logements neufs ont été vendus en 2004.

ERASMUS á En 2003-2004, le nombre d’étudiants profitant du programme Erasmus d’échanges au sein de l’Union européenne s’est élevé à 135 585 (+ 9,4 %).

BACTERIE á Une équipe scientifique US a découvert, en Alaska une bactérie vivante vieille de 32 000 ans.




Plan du site