Laurent Alain - samedi 06 mars 2004
- « Ce serait une erreur de ne voir dans le voile qu’une question religieuse… C’est d’abord un outil d’oppression, d’aliénation, de discrimination, un instrument de pouvoir des hommes sur les femmes. Comme par hasard, ce ne sont pas les hommes qui portent le voile… »
Fadela Amara, « Ni putes ni soumises ! » (La Découverte, 2004) [acheter maintenant]
- « Qui peut croire qu’on va s’arrêter à l’image de ces petites nanas qui viennent revendiquer le « droit au voile ». N’importe qui d’un peu sincère sur cette question sait très bien que derrière ces filles, il y a autre chose : des réseaux intégristes… Si les hommes musulmans adorent tant le voile, ils n’ont qu’à le porter eux-mêmes ! »
Loubna Méliane, « Vivre libre » (Oh Éditions, 2004) [acheter maintenant]
- « Le voile, cette prison ambulante, cette étoile jaune de la condition féminine (…), c’est le dogme islamique le plus barbare qui s’inscrit sur le corps des femmes et s’en empare. »
Chahdortt Djavann, « Bas les voiles ! » (Gallimard, 2003)[acheter maintenant]
1) Imposture. Il y a dix ans, personne en France ne parlait de porter le voile comme signe impératif d’appartenance religieuse. Que ce le soit soudainement devenu prouve le caractère arbitraire et provocateur de cette revendication. Mais aussi sa nature profondément idéologique et géopolitique : car elle s’est soudain aussi exprimée à l’échelle planétaire (Turquie, Chine, Grande-Bretagne…), en corrélation avec l’affirmation de l’islam militant et de l’islamo-terrorisme. Comme par hasard !
2) Concomitances révélatrices. En France, la montée de la revendication de porter le voile aussi dans les lieux publics institutionnels (outre l’école : l’hôpital, certains lieux de travail…) est allée de pair avec celle du boycott de certains cours (biologie, histoire, éd. physique), puis de la violence machiste brutale contre les filles dans les quartiers hors-la-loi, de la demande de lieux séparés pour les femmes, et enfin des agressions racistes antisémites par de jeunes musulmans : même un enfant de 5 ans comprendrait les liens. Et le message.
3) Un uniforme archaïque et sexiste. le sens traditionnel du « hidjab » est bien connu, il ne signifie rien d’autre que l’infériorité ontologique du féminin par rapport au masculin, qui l’utilise et l’impose pour contrôler, enfermer l’autre sexe ; sur fond d’exhibitionnisme obsessionnel et de manipulation, c’est un uniforme de nature idéologico-politique plus que religieux, un instrument machiste d’oppression et de ségrégation lié à l’interdiction faite aux femmes de sortir seules ou avoir une libre sexualité ; son retour exprime la réaction de mâles rendus enragés par la perte de leurs privilèges traditionnels dans une société émancipatrice.
4) Symbolique et servitude volontaire. que des musulmanes prétendent porter le voile volontairement ne prouve rien et ne lui retire certes pas sa symbolique objective liberticide et anti-occidentale ; soumises à un inquisitorial contrôle social, elles en sont venues à intérioriser leur soumission ; « les hommes perdent tout dans leurs fers, jusqu’au désir d’en sortir ; ils aiment leur servitude comme les compagnons d’Ulysse aimaient leur abrutissement » : ce qu’a superbement pointé Rousseau au début du Contrat social s’applique aussi aux femmes et concerne aussi bien un « retour » qu’une « sortie ».
5) La liberté individuelle contrefaite. dans ces conditions, l’allégation de « liberté individuelle » religieuse sur le mode trivial du « c’est mon choix » télévisuel est aussi grotesque que déplacée ; il y a une logique de la liberté individuelle qui exclut que dans l’espace public institutionnel soient arborés des uniformes aussi lourdement et scandaleusement connotés auxquels on donnerait un sens subjectif ; pourquoi pas alors aussi l’étoile jaune, la svastika ou la faucille et le marteau, promus innocents colifichets ?
6) La prétendue « communauté musulmane ». l’interdiction du port du voile ne « stigmatise » pas une soi-disant « communauté musulmane » ; pure invention de médias, d’idéologues et de politiciens débiles, celle-ci n’existe pas ; il n’y a que la diversité des individus issus de l’immigration maghrébine (ou africaine), les uns ayant plus ou moins rompu avec l’islam ou ayant intelligemment privatisé, laïcisé, individualisé et adapté celui-ci tout en conservant leur foi (lire à ce sujet le subtil Soheib Ben Cheikh, mufti de Marseille), - les autres s’étant crispés dans des formes traditionalistes ou fanatiques incompatibles avec l’ethos des sociétés ouvertes de la modernité.
7) « Stigmatisation » ? Ce sont exclusivement ces derniers qui sont « stigmatisés » en effet et à juste titre puisque leur adhésion réitérée à des rituels politico-religieux relevant de l’apartheid et d’un fondamentalisme forcené rend problématique la tolérance de leur activisme militant dans un État de droit ; comment d’ailleurs ne pas stigmatiser une version archaïque de l’islam punissant l’apostasie et le blasphème de mort, prônant la lapidation des femmes adultères ou adulant le fasciste Ben Laden ?
8) Nouveaux « idiots utiles » versus islam évolué. Quant aux premiers, les « modernistes », qui ont si naturellement leur place dans une société ouverte qu’on ne devrait même pas en parler et méritent en tout cas d’être fraternellement soutenus, voici qu’une nouvelle génération d’« idiots utiles » (héritiers des intellectuels complaisants au communisme il y a 40 ans…) prétend mieux savoir qu’eux, ce qu’il en est du sens du voile et leur tire dans le dos - comble d’une abjecte forfaiture ! Cela par peur de paraître « racistes », « islamophobes », intolérants et idéologiquement incorrects, par laxisme complice ou, pire, adhésion au relativisme culturel.
9) « Intégrisme laïque » ? Le comble est encore atteint lorsque le refus du voile est porté au débit d’un laïcisme outrancier ; la laïcité (moins d’ailleurs ici en jeu que le respect du Droit) ne se limite pas à garantir la liberté religieuse individuelle - qui inclut la liberté de ne pas avoir de religion - elle entend protéger la sphère publique et les individus des classiques intrusions arbitraires des religions (voir les si pénétrants et éclairants papiers récents de
J.-F. Revel dans « Le Point »…) et a donc, en l’occurrence, légitimement, son mot à dire ; nous parlera-t-on bientôt d’intégrisme dans la défense du Droit ?
10) L’aveuglement anglo-saxon. Que dans les pays anglo-saxons, on ne comprenne rien à la contre-offensive française contre la nouvelle véritable et menaçante extrême-droite qu’est l’islam politique militant n’a hélas rien d’étonnant ; leur traditionnelle religiosité communautariste et publique comme leur tolérance à l’égard du discours terroriste les empêche de discerner la vraie nature du péril islamiste ; ils risquent de le payer cher un jour…
Pas besoin d’une loi contre le voile islamique ? Mais si, bien sûr, même si on déteste l’excès législatif habituel et si cette loi est imparfaite (elle confond le religieux pur et l’idéologico-religieux politique, interdire les croix et les kippas qui ne sont pas en cause est absurde : toujours la peur de paraître « raciste » !).
Face à une offensive liberticide et anti-occidentale mondialisée de grande ampleur, il faut dénoncer les dangereuses illusions du « multiculturel », répliquer sans états d’âme, durement et prendre les devants s’il le faut (adaptation de la juste guerre préventive). Le pire serait de ne rien faire, n’en déplaise aux nouveaux « idiots utiles » de l’angélisme et autres compagnons de route du néo-fascisme en marche - dont l’argumentaire ressemble étrangement et fâcheusement à ceux des gauchistes de Bové ou… de la fatwa qui vient d’être lancée par Al Queida. Car une fois le voile toléré, ce serait au tour de Voltaire (auteur d’un impitoyable Mahomet…) d’être banni des lycées où réapparaîtront vite des classes réservées aux filles avec uniquement des professeurs féminins : bienvenue à la République islamique de France !
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