actualité france, politique, journal de droite. Les 4 vérités Hebdo img, caricatures actualité, dessins L'actualité Française
vue de droite libérale

Offre gratuite !

La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici

Dominique de Villepin a fait un geste vers le Front national


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
0 VOTES
213 LECTURES

Dumait Alain - dimanche 10 juillet 2005


Le Premier ministre a reçu, les 27 et 28 juin 2005, à l’Hôtel Matignon les représentants des principales formations politiques françaises pour aborder avec eux le thème de l’avenir de l’Union européenne.
À cette occasion, les représentants du Front national, en l’occurrence Carl Lang et Jean-Claude Martinez, ont été admis à franchir les portes du bureau du chef du Gouvernement. La dernière fois, cela remontait à 1993.
S’agissant d’une consultation sur l’Europe, on peut soutenir que le Premier ministre pouvait difficilement exclure un parti représenté au Parlement européen. Malgré cela, on se doute bien que cette invitation n’a pas été adressée à ce parti sans l’aval du Président lui-même.
Est-ce la fin de l’ostracisme du parti chiraquo-gaulliste à l’égard du Front national ? Rien n’est moins sûr !...
Beau joueur, le Président du Front national a estimé que son parti « semblait sortir de la persécution ». Et il a ajouté : « je crois que la majorité se rend compte qu’aux prochaines élections, elle ne sera pas majoritaire ».
Jean-Marie Le Pen ne désespère pas d’obtenir pour les élections législatives de 2007 une modification du mode de scrutin qui permettrait à son parti d’être représenté à l’Assemblée nationale, comme il l’a été entre 1986 et 1988. À nouveau, des rumeurs circulent sur d’éventuels contacts entre le chef historique du FN et tel ou tel responsable de l’UMP agissant à titre personnel. On sait que Jacques Chirac est très hostile à de tels conciliabules mais, comme à l’UMP plus personne n’est prêt à parier un liard sur les chances d’un troisième mandat, le veto présidentiel ne pèse plus aussi lourd.
De tels contacts sont strictement impossibles à vérifier. Car Jean-Marie Le Pen lui-même est un homme sachant parfaitement garder secret de telles initiatives. En 2002, on a ainsi appris qu’il y avait eu une réunion secrète entre Le Pen et  Chirac, en 1988. Même les proches collaborateurs des deux hommes en ignoraient l’existence.
Mais la situation politique présente permet de faire quelques observations et aussi quelques prévisions.
Contrairement au bourrage de crâne médiatique quotidien, le non de gauche au référendum ne l’a certainement pas emporté, en voix, sur le non de droite. En outre, au plan des idées, il fut frappant de voir à quel point la gauche internationaliste se rallia en masse à des thèmes tout simplement nationalistes…
Rien n’indique que l’audience du Front national soit en recul, malgré quelques déconvenues à plusieurs élections locales partielles. Tous les politologues sérieux continuent à créditer le Front national d’une audience comprise entre 15 et 20% du corps électoral.
Pourtant, pour que le Front soit représenté aux élections présidentielles de 2007 en application de la loi, il lui faudra à nouveau trouver 500 signatures auprès de grands électeurs qui, pour l’essentiel, sont des maires. En 2002, la collecte avait été très difficile et le résultat n’avait été obtenu qu’in extremis. En 2007, ce sera plus difficile encore car nous serons à la veille d’élections municipales. Les édiles craindront plus que jamais pour leur réélection et seront d’une prudence de sioux…
L’hypothèse selon laquelle Jean-Marie Le Pen ne pourrait pas trouver les 500 signatures dont il a besoin ne peut être exclue. Ce serait profondément injuste, mais cela peut advenir. Et l’intéressé le sait mieux que personne.
On se doute qu’aussi bien Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers se réjouissent de cette perspective.
C’est dans ce contexte qu’il faut replacer l’invitation adressée aux responsables du Front national à venir deviser avec le Premier ministre. C’est ce dernier qui sera crédité par les électeurs du Front national de ce geste d’apaisement. Comme l’avaient été, en leur temps, d’autres responsables de la droite parlementaire, comme Édouard Balladur et Raymond Barre. Dans les sondages, cela peut l’aider. Il laisse ainsi à son rival ministre de l’Intérieur le terrain du populisme, qui lui vaut d’être la cible de toutes les flèches de la gauche. Il se garde pour lui une certaine sympathie personnelle des électeurs du Front. Ce qui peut toujours servir.

13 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site