Rouxel Jean - dimanche 22 janvier 2006
Dominique de Villepin annonçait, le 16 janvier, les mesures de son plan de lutte contre le chômage des jeunes. Comme d’habitude, on ne peut se départir d’un sentiment mêlé qui résulte de ce mélange de collectivisme et de solutions libérales qui caractérise les « réformes » de la droite depuis une trentaine d’années. Il est clair qu’il y a du néfaste dans ce plan de lutte. Tout d’abord, l’idée même d’un « plan de lutte » est discutable. Ce « volontarisme » économique peut à la rigueur avoir un effet bénéfique sur le moral de la population et donc recréer les conditions psychologiques de la croissance. Mais à qui fera-t-on croire que la croissance ne résulte que de conditions psychologiques ? Si le moral est bon, mais que le Code du travail reste aussi archaïque, le chômage n’a aucune chance de diminuer durablement ! Parmi les mesures contestables qui étaient évoquées figure, bien sûr, la tarte à la crème de la lutte contre le chômage : la mise en place d’un dispositif d’aide à la recherche d’emploi et d’un dispositif d’accompagnement des jeunes. Cela ne diminue en rien les barrières à l’embauche et augmente encore la déresponsabilisation ambiante… Parmi les mesures qui demandent des explications figure la mise en place d’un contrat nouvelles embauches spécifique pour les jeunes. On sait que le CNE est une entorse temporaire dans le droit social qui permet aux petites entreprises d’embaucher en s’affranchissant des contraintes administratives et sociales. Un CNE jeunes dévaloriserait-il le CNE tout court comme le craint Laurence Parisot ? C’est possible sans être certain. Parmi les mesures souhaitables figure l’extension de l’apprentissage. Il est heureux qu’après des années de soumission au diktat de la gauche sur le « collège unique », la droite découvre qu’il est inutile de scolariser jusqu’à 16 ans des jeunes qui souhaitent exercer des métiers manuels. Et que tous les Français n’ont pas vocation à être universitaires. Mais il est regrettable que tout ceci se passe en catimini, comme si Dominique de Villepin tremblait à l’idée d’exposer une idée de simple bon sens. En tout cas, le développement de l’apprentissage est certainement une excellente piste pour faciliter l’emploi des jeunes. Cette piste devrait être associée à la baisse, même temporaire et même limitée, des contraintes qui pèsent sur les entreprises. Mais il faudra bien un jour se demander si cette terreur qu’éprouve la droite à l’idée de réformer et qui la conduit à des mélanges de bon sens et d’inepties est tout à fait raisonnable !
9 commentaires - Ecrire un commentaire
|