Courrier - dimanche 02 mai 2010
violences
Ces derniers jours, trois faits divers se sont produits, apparemment sans lien, à quelques centaines de kilomètres de distance l’un de l’autre.
A Grenoble, un jeune homme de 23 ans, blanc sous tous rapports, a été tabassé et poignardé, presque à mort, par une douzaine de « jeunes », sans raison apparente.
Aux Ulis, une famille d’origine malienne a fui dans l’urgence une cité, menacée de mort par des « jeunes » qui n’admettaient pas qu’une des filles de la famille, adolescente de 14 ans, violée à plusieurs reprises par d’autres jeunes, ait eu l’outrecuidance de dénoncer ces derniers à la police Française.
A Toulouse, dimanche 11 avril à 5 heures du matin, un jeune couple âgé d’une vingtaine d’années a été agressé par un groupe de 3 individus, au moment où il pénétrait dans son immeuble, rue des couteliers. L’un des trois individus lui a demandé une cigarette, puis le téléphone portable. Devant le refus du couple, le jeune homme a été frappé et maitrisé par deux des agresseurs pendant que le troisième entraînait la jeune femme dans le hall de l’immeuble, où elle a été violée à deux reprises. Des agressions de ce type se développeraient depuis plusieurs mois à Toulouse, précise la Dépêche du 13 avril. Dans ce même journal, Franck, un riverain âgé de 19 ans, fait part de sa peur.
De Grenoble, notre ministre de l’intérieur, Brice Tartarin, a annoncé, martial en diable, qu’il n’y aurait aucun répit pour les voyous et que la lutte contre l’insécurité et la violence, se poursuivrait sans faiblesse. Aux Ulis, le maire socialiste, Maud Olivier, a déploré que ces « jeunes » aient « sous-estimé la gravité du viol » et a aussitôt convoqué le ban et l’arrière-ban des associations et services de la mairie pour une réunion de relance de la communication dans la cité…
Ne glosons pas trop, ni sur le ministre, qui doit s’arracher les derniers cheveux qui lui restent, ni sur ce pauvre maire, qui doit probablement souffrir d’une vocation d’humoriste contrariée… mais tout de même ! Mesure-t-on bien à quel niveau de renoncement et de veulerie nous en sommes arrivés ?
Nous ne sommes pas en train de parler de faits divers. Les « jeunes » de Grenoble, des Ulis, les agresseurs de Toulouse sont certainement des voyous, mais pas des mafieux. Les voyous et les mafieux ont un objectif précis : gagner un maximum d’argent sans regarder aux moyens utilisés, quitte à frapper, blesser ou tuer, mais seulement si c’est nécessaire au « business ». L’obsession des mafieux est d’éviter tout contact avec la police. Leur ligne de conduite est la discrétion, l’intégration totale dans la ville pour que leurs enfants deviennent un jour des citoyens notables et respectables.
Le double objectif de la guerre : le pouvoir et le territoire
Les jeunes de Grenoble et ceux de Toulouse se sont attaqués à leurs victimes parce qu’elle étaient blanches et les jeunes des Ulis à la famille malienne parce qu’elle avait transgressé la loi de leur territoire. Aucun business n’explique leurs actes. Ils n’ont pas cherché la discrétion, pas plus que leurs « frères » caillasseurs de bus ou de cars de police, incendiaires de voitures, saccageurs de biens et services publics, et démolisseurs de notre société.
Ces « jeunes » et moins jeunes, voyous mais aussi soldats – j’allais écrire guerriers, mais c’est le terme de soudards qui conviendrait le mieux – sont les fantassins d’une guerre qui, comme toutes les guerres, a un double objectif : le pouvoir et le territoire. Comme dans toutes les guerres, il se livre parfois de grandes batailles (les émeutes), et le reste du temps on tâte le terrain avec des escarmouches (les violences quotidiennes et banalisées).
Pour ces « jeunes », nous sommes leurs ennemis et il entre une part importante de racisme dans leur comportement quand ils s’attaquent à des personnes de souche européenne et française, ce qui décuple leur haine. Mais nos hommes politiques sont-ils prêts à l’admettre et à obliger les juges à prendre en compte cette hypothèse ?
L’immense aveuglement de nos hommes publics, leur faute originelle, c’est de refuser, par lâcheté ou par intérêt électoral, de voir que ces « jeunes » sont nos ennemis. Comment voulez-vous que, dans ces conditions, ils apportent la solution qui convient à un problème qu’ils refusent de poser ?
Voilà pourquoi nous assistons impuissants, depuis des années, à des batailles de plus en plus féroces, avec, d’un côté, des pratiques visant à humilier et à abaisser tous les leucodermes et l’utilisation massive de toutes les armes de guerre urbaine, et de l’autre une police inadaptée et paralysée par la peur des « bavures », et une justice de temps de paix dont l’obsession est d’exonérer ces « jeunes » de toute responsabilité. Si l’on continue comme ça, il est sûr que l’issue de ces renoncements sera la guerre et ce ne sont pas les gens de bonne volonté qui la gagneront.
Nemo
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