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ENA, Grandes Écoles, Gouvernance |
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Barrucand Pierre - mercredi 09 mai 2007
fonction-publique, economie
Sous le nom de Grandes Écoles, il y a trois choses différentes :
1. Des écoles recrutant par concours, tous les élèves se retrouvant fonctionnaires, les postes les meilleurs étant pratiquement réservés à ceux qui figurent en tête de classement.
2. L’ENA qui est tout à fait particulière et qui permet aux mieux notés d’accéder très (trop) jeunes aux « Grands Corps » : Inspection des Finances, Conseil d’État, Cour des Comptes.
3. D’autres écoles, très variées, dont il n’y a pas lieu de discuter ici.
L’ENA a été l’objet de très vives critiques tant chez de nombreux fonctionnaires de talent qui supportent mal d’être dirigés par des gens, souvent très jeunes, qu’ils estiment incompétents et arrogants, que dans des milieux étrangers à la fonction publique par des personnes constatant beaucoup de décisions souvent aberrantes. Rappelons cette phrase, due à un haut fonctionnaire éminent, aujourd’hui retraité : « l’énarchie même à l’anarchie ».
Ces critiques ont été répercutées par des parlementaires, issus souvent de la majorité tel M. Fourgous, critiques rapidement étouffées dans un système où le pouvoir législatif est réduit à peu de choses, ce qui ne va pas sans graves inconvénients.
Ce qui aggrave la situation c’est que, trop souvent, les cabinets ministériels sont essentiellement composés d’énarques, que ceux-ci reflètent une opinion presque unanime, car ils sont issus du même enseignement et n’ont trop souvent que mépris pour des idées, à leur avis non-conformistes.
Il y a pire, certains, renvoyant leurs collègues d’étude dans leurs fonctions professionnelles, arrivent rapidement à devenir députés, voire plus rarement sénateurs, puis, en quittant l’administration, à occuper des postes de cadres très supérieurs dans de grandes entreprises privées qui deviennent ainsi plus ou moins colonisées. Il faut reconnaître que leur gestion est très souvent mauvaise, rappelons simplement le cas d’inspecteurs de finances tels Haberer, Michel Bon, Bilger, Messier. Amener le Crédit Lyonnais, Alstom… aux bords de la faillite n’était pas à la portée de tout le monde !
Ainsi, dans une large partie de l’opinion, se crée l’idée, sans doute excessive, d’une véritable « conspiration » des élites voulant accaparer pouvoir et richesses. Bien sûr, de nombreux énarques n’ont rien à faire avec tout cela, font leur travail consciencieusement et mènent, trop souvent, une vie assez médiocre, comme l’avait remarqué par exemple l’auteur qui se cachait sous le pseudonyme de « Saint Guillaume ». Ils sont même souvent intelligents et assez aigris.
Il faut aussi remarquer que dans la conquête du pouvoir et de l’argent par de hauts fonctionnaires, les élèves de l’ENA ne sont pas seuls. Ainsi, il y a eu une sorte de symbiose entre l’Industrie, surtout métallurgique, et le corps des mines. En témoignent les remarquables souvenirs de Roger Martin dans « Patron de droit divin ». En témoigne aussi la composition de certains conseils d’administration, formés presque entièrement d’anciens élèves de certaines écoles, de plus de la même tranche d’âge et généralement de sexe masculin.
La menace que fait peser la mondialisation sur l’économie française, celle d’un chômage persistant et délétère, le malaise dans une société très douce apparemment, mais peu humaine car cause souvent de solitude, stress et dépression, exige certes des mesures législatives adaptées, mais aussi inventivité et innovation. Or, de ces qualités nécessaires, les hauts fonctionnaires issus de l’ENA ou de certaines autres écoles « techniques », y compris ceux parvenus à la direction de « groupes » privés, manquent singulièrement.
C’est ainsi que, dès l’époque de De Gaulle, le « plan calcul » conçu pour le développement de l’informatique, et confié largement à des polytechniciens, échoua totalement. C’est ainsi que, comme citées plus haut, certaines grandes entreprises faillirent s’écrouler et que d’autres perdirent peu ou prou de leur importance.
Au-delà - comme observé par l’excellente revue « Éléments » - il y a la menace de la « gouvernance/remplacement » de la démocratie par une direction faite d’« experts » associés a des « groupes » privés dirigés, eux aussi, par des « experts » issus des mêmes cercles, l’État étant remplacé de fait par des « principautés » devenues souveraines, ce qui est déjà le cas du ministère de l’Agriculture. Cette perspective est dangereuse pour la démocratie.
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Brûlant
Le terrorisme et l’islamisme n’ont pas été traités lors du face-à-face Sarkozy-Royal de la semaine dernière : des sujets trop brûlants, sans doute…
Divers faits
Asymétrie > Seul Internet a relaté la venue, le 1er mai, de Dieudonné au meeting de Ségolène Royal à Charléty pour la soutenir. Au contraire, l’automne dernier, on vit beaucoup, à la télé et dans les autres médias, Dieudonné à la fête du Front national.
Hezbollah > Les adeptes du Hezbollah ont clairement opté pour le « tout sauf Sarkozy ».
Charia > Le parlement du Kurdistan irakien prépare une constitution dont l’article 7 stipule que la charia est la source principale de la législation.
Guerre > Le chef d’état-major israélien, Gaby Ashkénazi, a prévenu son gouvernement que le Hezbollah se réinstalle dans le Liban Sud le long de la frontière, sous le nez de l’UNIFIL et de l’armée libanaise, que le trafic d’armes venant de Syrie bat son plein, et que Tsahal envisage une action à Gaza, pour stopper les tirs de roquettes vers Israël, et le trafic d’armes depuis l’Égypte.
KidnappingS > Les Brigades d’Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont dit qu’elles cherchaient à kidnapper d’autres soldats israéliens.
Échecs > L’immigration russe en Israël y a fait éclore une nouvelle génération de joueurs d’échecs.
Énergie > Le Danemark est le champion des économies d’énergie : sa consommation d’énergie est stable depuis plus de trente ans, tandis que son PIB a doublé. |
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