|
|
Écologie : à droite, toute |
|
Lance Pierre - mercredi 30 mai 2007
ecologie, juppe
Si quelque chose aujourd’hui peut me rendre optimiste, c’est bien le fait que notre nouveau Président ait intronisé comme N° 2 du gouvernement le Ministre de l’Écologie et de l’Environnement. Certes, j’ai été surpris de voir M. Alain Juppé hériter de ce poste, car rien ne laissait prévoir que cet énarque pur sucre puisse se passionner pour l’écologie. Mais il paraît que M. Juppé a tiré profit de son « exil » doré au Québec pour nourrir de saines réflexions sur le devenir de la planète.
Après tout, pourquoi pas ? Tout homme intelligent est capable d’évoluer, pour peu qu’il ne fige pas son esprit dans des principes archaïques. Et nul n’a jamais mis en doute l’intelligence d’Alain Juppé, même si elle apparaissait un peu trop formatée par l’étatisme.
On peut également concevoir qu’en nommant à ce poste un homme politique de premier plan, grand fidèle de Jacques Chirac, MM. Sarkozy et Fillon aient ainsi voulu marquer l’importance qu’ils attachent à une évolution résolument écologiste de notre gouvernance. Nous allons maintenant observer dans les faits comment les choses se passent. Accordons à Alain Juppé le même délai de grâce qu’à ses deux mentors.
En tout cas, il faut se réjouir de voir la droite s’emparer enfin des problèmes écologiques, qu’elle avait jusqu’alors stupidement abandonnés à la gauche, voire à l’extrême-gauche. À cause de cette erreur monumentale que je dénonce depuis vingt ans, les Verts « pastèque » ont pu s’approprier pendant quelques années le monopole de ce qui devait être et devient enfin la préoccupation prioritaire de notre pays. Que de temps perdu avec cet écologisme politisé dans le giron socialiste ! Et combien de gens de droite un peu myopes ironisaient sur l’écologie, partant du principe que du moment qu’elle était à gauche, elle ne valait pas qu’on s’y intéresse. Et les Verts de répéter à tout bout de champ que la droite était incapable d’être écologiste. Or, comme le disait Paul Valéry : « Le grand triomphe de l’adversaire est de vous faire croire ce qu’il dit de vous ».
Des écologistes authentiques à droite
Enfin, heureusement, ces temps sont révolus, ce qui a été confirmé par la belle gifle électorale encaissée par Dominique Voynet. Et grâce, pour une large part, à l’action mobilisatrice de Nicolas Hulot durant la campagne présidentielle, la droite française a enfin pris conscience qu’il était de son devoir national de prendre à bras-le-corps le devenir de l’écologie. La droite américaine, elle, ne veut toujours rien entendre et reste attachée au productivisme à tout prix (encore que de nombreux élus républicains, tel le gouverneur Arnold Schwarzenhegger, se distinguent par leurs actions écologistes résolues). Mais comme l’administration Bush est en train de sombrer dans le discrédit (et pas seulement à cause de l’Irak), on peut espérer que le prochain Président des États-Unis, quel que soit le parti dont il sera issu, comprenne enfin le rôle majeur et moteur que doit tenir la première puissance mondiale dans l’urgent sauvetage de notre planète. Je crois que l’on pourra compter sur Nicolas Sarkozy pour le rappeler opportunément à nos amis américains.
Quelles que soient les attitudes à cet égard des appareils politiques et des gouvernements, il y a une chose que je sais depuis longtemps : il y a beaucoup plus d’écologistes authentiques à droite qu’à gauche. Et cela dans toutes les droites. En France notamment, j’en veux pour preuves l’excellent livre de Philippe de Villiers pour la défense des abeilles ou encore la non moins excellente publication des militants du Front National : « FÉE - France Écologie Environnement » (BP 54, 27340 Pont de l’Arche - <franceecologie@free.fr>).
Discutant récemment avec un militant écologiste quelque peu socialiste, je lui affirmai que la droite comptait davantage d’écologistes que la gauche. Après un instant d’hésitation, il reconnut que les électeurs de droite appartenant statistiquement à un niveau socioculturel supérieur à la moyenne nationale, et sachant que les écologistes convaincus sont généralement plus instruits et mieux informés que l’ensemble de la population, il était logique qu’on en trouve plus à droite. J’ai salué cette belle objectivité.
16 commentaires - Ecrire un commentaire
|
« Le Monde »
Jean-Marie Colombani quittera la direction du « Monde » à la fin juin. Les journalistes de la société des rédacteurs discutent du nom de son successeur, en accord avec le conseil de surveillance. Franz-Olivier Giesbert, directeur du « Point », a fait acte de candidature, avec l’assentiment d’Alain Minc, président du conseil de surveillance du « Monde ». Deux noms sont souvent cités : Pierre Jeantet, directeur général du groupe et ancien journaliste, et Philippe Thureau-Dangin, directeur de la rédaction de « Courrier International ». Prochaine réunion du conseil de surveillance : le 4 juin.
Medias
Capital á Le site web de Capital, <www.capital.fr>, a enregistré 501 000 visiteurs uniques en avril 2007. Soit une progression de 291 % par rapport au même mois de 2006 et de 25 % par rapport à mars 2007. Le site propose des services pratiques et des informations exclusives sur les entreprises, la haute administration et les décideurs politiques, largement relayées par les autres médias.
« VSD » á Récemment, « VSD » fit sa couverture sur « l’énigme Cécilia ». VSD appartient à Prisma Presse, filiale française de Bertelsmann, tout comme Capital, dont le site Internet avait révélé l’escapade maltaise du président élu. Les indiscrétions people du groupe allemand, à la manière des tabloïds anglais, agacent Sarkozy.
Internet á Les sites Internet des grands médias ont aussi profité de l’effet élection présidentielle. Certains, selon l’OJD, ont connu des pics de fréquentation à + 215 %, la hausse moyenne s’établissant à 120 %.
Gratuité á 53 % des Français pensent qu’à l’avenir, toute l’information dont ils ont besoin sera accessible gratuitement. |
|
|
|