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Économie : les chiffres sont têtus


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Trémeau Bernard - jeudi 22 avril 2010

croissance
Les médias sont cette semaine très intéressés par l’éruption du volcan islandais et par le pape et la pédophilie. Or, ceci a peu de chances de modifier notre avenir.
Par contre, cette semaine, les chiffres de l’économie au mois de mars sont tombés et ils n’ont pratiquement pas intéressé nos médias. Or, ces chiffres concernent très fortement notre avenir.

Ils confirment la sortie de la crise des USA. Ce qui est bon pour nous. Ils confirment la vigueur de l’économie chinoise et indienne. La demande de ces deux pays est telle que le riz, le fer ou le pétrole deviennent des denrées rares. Leurs prix grimpent à toute vitesse. Nous paierons plus cher notre essence, notre mazout ou notre fer à repasser…

Les chiffres de la vieille Europe ne sont pas bons. L’inflation et le chômage y augmentent, en particulier en Grèce et en Espa­gne. Seule l’Allema­gne semble tirer son épingle du jeu.
L’énorme masse d’argent mise à la disposition des Européens depuis la crise n’a pas régressé et sa présence va commencer à être inflationniste, donc va réduire nos pouvoirs d’achats.

Les chiffres de la France, au sein de la vieille Europe, sont particulièrement mauvais.

Sont en hausse :

– Le déficit du budget de l’état qui est bien supérieur à celui autorisé par les traités.
– Le déficit de la balance commerciale, malgré une baisse de la consommation de pétrole.
– Les investissements français à l’étranger, où nos grosses entreprises font enfin des bénéfices.
– Les délocalisations des entreprises installées en France.
– Les ventes massives d’obligations d’état françaises et les achats d’obligation d’état allemandes.
– Le chômage enfin, qui augmente les déficits de l’état.

Sont en baisse :

– Le pouvoir d’achat des salariés. Leurs employeurs n’ont plus assez d’argent pour les payer.
– Le nombre des heures travaillées par salarié : nos entreprises n’ont plus assez de clients.
– Le nombre des entreprises : elles déposent leur bilan ou délocalisent.
– Le pouvoir d’achat des retraités : les caisses de retraites sont vides.
– Le pouvoir d’achat des agriculteurs. Le lait allemand est bien moins cher que le français.
– Les investissements dans les entreprises situées en France.
– La compétitivité des entreprises installées en France.

Il existe une explication logique à cette situation. Les Français croient encore aux idées de Marx.
Quand une entreprise marche bien, le patron gagne plus d’argent que ses salariés, c’est évident. Et les actionnaires mettent de l’argent dans leurs poches en ne faisant strictement rien.

Avant la mondialisation, une entreprise n’avait que 60 mil­lions de clients potentiels. Avec la mondialisation, elle en a 6 milliards. La mondialisation offre ainsi des gains 100 fois plus élevés aux actionnaires et aux patrons.
C’est finalement celui qui peine dans son atelier bruyant qui gagne le moins : et c’est le seul qui produise vraiment par son travail les produits que désirent les futurs clients. Il existe donc une « exploitation » de l’homme par l’homme et l’état doit intervenir pour « corriger » cette injustice.
C’est cette vision marxiste de l’économie qu’on apprend dans toutes les écoles de France. Et les Français croient encore à ces idées démodées. Leurs élus les écoutent, corrigent cette injustice en taxant, encore et toujours, les entreprises françaises. La taxe carbone et la taxe sur les panneaux publicitaires en sont les dernières moutures. La France ignore royalement les exigences issues du marché commun et de la mondialisation.

Pendant ce temps, en Allema­gne et dans de nombreux autres pays, on fait le contraire : on diminue les taxes touchant les entreprises, pour les rendre compétitives.

Alors, chaque mois, des entreprises françaises sont éliminées. Et le mal s’aggrave régulièrement. Nous nous enfonçons un peu plus dans l’ornière…

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En bref
Retraite
En 2009, la France a recensé 734 000 nouveaux retraités pour le régime général (qui compte actuellement 12 millions de retraités pour 17 millions de cotisants). La pension moyenne servie par ce régime général est de 599 euros bruts mensuels (531 euros pour les femmes et 681 pour les hommes), pour un âge moyen de liquidation de 61,7 ans… et un déficit de 7 milliards d’euros en 2009 !

Chiffres significatifs
Hôpital > Malgré une diminution de 1 % de la capacité d’accueil, on a recensé en 2008 25 millions de séjours en hospitalisation totale ou partielle, soit 1 % de plus qu’en 2007.

Pêche > En 2008, on recensait 1 376 198 pêcheurs en France, dont 10,7 % de mineurs et 4,2 % de femmes. Le nombre de pêcheurs était en recul de 2,85 % par rapport à 2007.

CDD > Les Français salariés sont 14 % environ à travailler en contrat à durée déterminée, un peu plus que la moyenne de l’Union européenne. Loin derrière l’Espagne (plus de 29 %) et loin devant la Roumanie (moins de 2 %).

Crédit > En 2008, 14 mil­lions de ménages français (soit 52,6 % des ménages) remboursaient au moins un crédit, pour un encours global de 841 milliards d’euros ! 83 % de ces encours concernaient des crédits immobiliers (698 milliards), détenues par 29,1 % des ménages français.




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