Trémeau Bernard - samedi 10 avril 2004
En 1945, l’idéologie marxiste dominait le pays. Le monopole de l’Éducation nationale a alors été créé, permettant de donner à tous les enfants de France le même enseignement gratuit, enseignement défini, décidé et programmé dans le détail par l’État tout puissant (on a cependant autorisé l’existence d’écoles dites « libres », mais non gratuites). La carte scolaire est instituée, retirant aux parents qui n’appartiennent pas à la nomenklatura, le choix de l’école de leurs enfants. L’État ferait-il de meilleurs choix que ceux des individus ?
Or, ceux qui décident des méthodes d’éducation de nos enfants sont des hommes qui ne semblent pas avoir vécu les réalités de la vie quotidienne. Ils sont en particulier certains que tous les enfants sont identiques, égaux et que les débiles ou les surdoués n’existent pas. La sélection des élèves est pour eux un péché capital qui mène tout droit en enfer.
Ils ont donc décidé d’utiliser l’Éducation nationale pour faire passer à la moulinette égalitaire tous les enfants. Les Nazis ou les Soviétiques avaient eu la même conviction.
Nos idéologues ont par exemple décidé qu’une seule méthode serait utilisée pour apprendre à lire, même si cette méthode n’était adaptée qu’à une petite minorité d’élèves. Ils ont ainsi massivement fabriqué des illettrés. Ils ont ensuite mis en place dans les collèges, le tronc commun regroupant dans une même classe tous les élèves quel que soit leur niveau. Les surdoués (pardon, les précoces) n’écoutent plus au bout de cinq minutes, tandis que les débiles sont incapables de suivre. Ils s’unissent alors tous les deux pour chahuter. Le professeur devient fou et contestataire. Il faut donc passer des classes de 35 à des classes de 15. Si nos enfants sont mal éduqués, ce serait de la faute de l’État, qui ne donne jamais assez d’argent. Donc on se met en grève, à répétition, pour obtenir encore plus…
Tous ceux qui le peuvent financièrement retirent leurs enfants et les mettent dans des écoles dites libres. Pour éviter ce risque, les trotskistes ont essayé de nationaliser l’école libre. Ils ont alors rencontré l’opposition de la rue. Mais ils contrôlent économiquement l’école dite libre qui est pratiquement obligée de se soumettre, et ils limitent par des quotas son développement.
Un dernier point très important. L’Éducation nationale définit avec une très grande précision les programmes scolaires. Monopole oblige. Les professeurs et les rédacteurs de manuels doivent impérativement respecter les consignes du « Bulletin Officiel de l’Éducation nationale ». Or, les textes du bulletin officiel concernant l’économie, textes sortis tout récemment (2001 et 2002), sont des textes uniquement inspirés par l’idéologie marxiste. Cette vision de l’économie vieille de plus de cent ans est aujourd’hui totalement dépassée. L’entreprise, le capital, le Marché, ou la concurrence n’existent pas. Pour les fonctionnaires de l’État et de l’ENA : vive Marx et Keynes réunis ! Tous nos enfants n’auront de l’économie qu’une vision totalement déformée. Mais ils feront plus tard de bons électeurs marxistes… Le mammouth distille son venin.
Le monopole étatique de l’Éducation nationale est ainsi devenu au fil des ans un mammouth ingérable, qui distribue un enseignement de plus en plus médiocre et de plus en plus coûteux. Le contraire aurait été surprenant… Il est malheureusement impossible de le réformer. L’expérience montre qu’aucun ministre n’a eu suffisamment de poids pour le faire, qu’il soit de droite, du centre ou de gauche.
Comme on ne peut pas réformer le mammouth, il faut le casser. Pour le casser, il faut le mettre en concurrence. La concurrence contraint, en effet, immédiatement et sans effort du Gouvernement, celui qui y est soumis à fournir au moindre coût le meilleur service possible. Car, s’il ne le fait pas, il est éliminé. Pour le mettre en concurrence, la meilleure solution semble être, aujourd’hui, en France, le chèque scolaire. L’État prélève par l’impôt l’argent dont il a besoin et donne à chaque parent un chèque. Ce chèque est obligatoirement remis par les parents à l’école de leur choix.
Ainsi les parents ne subiront plus pour leurs enfants les choix totalitaires de l’État. Ils retrouveront, dans un domaine essentiel, une nouvelle liberté, une nouvelle responsabilité.
C’est ça, la vraie démocratie.
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