Trémeau Bernard - mardi 11 septembre 2007
education
N’étant pas enseignant, je n’ai pas eu l’honneur et la joie de recevoir une longue lettre de notre Président. Mais ayant eu plusieurs enfants, j’ai été un grand consommateur de l’Éducation nationale.
J’ai constaté qu’il y avait de bonnes écoles, avec de bons maîtres, de bons collèges avec de bons proviseurs qui savaient être de vrais chefs et entraîner du bon côté professeurs et élèves.
Mais j’ai aussi constaté qu’il y avait de mauvais maîtres, qui se moquaient des résultats qu’obtenaient leurs élèves. Certains ne finissaient pas la phrase qu’ils avaient commencée quand la cloche sonnait. Ils étaient incapables d’accorder une seconde de plus à leur employeur.
Malgré la carte scolaire qui imposait à mes enfants tel maître ou tel collège, je suis presque arrivé à choisir l’école ou le collège de mes enfants. Pour le primaire, les écoles dites libres ont été utilisées. Tandis que pour le secondaire, il suffisait de dire que mon enfant voulait faire du Grec, du Russe ou de l’Allemand pour qu’il soit immédiatement inscrit dans le collège que je jugeais le meilleur. 40 % des enfants arriveraient ainsi à ne pas respecter la carte scolaire.
Finalement, les résultats scolaires de mes enfants ont été globalement bons et j’en remercie l’Éducation nationale. Mais je sais que je suis un privilégié.
L’Éducation nationale est en effet un énorme monopole. Et c’est le pire des monopoles, car c’est un monopole d’État. Les salariés de l’Éducation nationale savent qu’en ayant l’État pour employeur, ils ne peuvent pas mettre leur entreprise en faillite. Ils n’hésitent donc pas à utiliser la grève pour obtenir n’importe quel avantage, d’autant plus qu’une des conditions de la reprise de leur travail a très souvent été le paiement des heures de grèves. Les monopoles privés sont aujourd’hui en permanence remis en question car, avec le Marché commun et la mondialisation, la concurrence devient européenne et mondiale.
Chèque scolaire
Toutes les analyses marxistes ou keynésiennes critiquent à juste titre les conséquences néfastes des monopoles privés. Quand la concurrence est supprimée, les coûts de production augmentent et la qualité des produits devient inférieure à ce qu’elle aurait dû être.
Par contre, c’est le silence total des marxistes, des keynésiens (et des archéo-socialistes français) sur les conséquences néfastes du monopole d’État. Il conduit en effet, tout autant que le monopole privé, à l’augmentation des coûts, car il pousse les enseignants à toujours demander plus : l’État peut payer, l’État doit payer. Pour nos chères têtes blondes, bien sûr. Et l’État paye.
Quant à la qualité du produit fourni, elle est loin d’être la meilleure possible. Selon un récent rapport du Haut Conseil de l’Éducation, 40 % des élèves seraient en difficulté à la sortie du CM2. Près de la moitié. C’est effarant.
Il faut réformer l’Éducation nationale française. Mais tous les ministres qui ont essayé de le faire se sont fait mettre à la porte. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient tous les deux annoncé, pendant leur campagne électorale, qu’il fallait « adapter » la carte scolaire. Puis Nicolas Sarkozy a été élu et il annonce depuis qu’il faut absolument rétablir partout la concurrence. Il l’a encore répété le 30 août.
Immédiatement, une idée toute bête vient à l’esprit. Il faut de toute évidence rétablir la concurrence dans le système d’éducation français. Comme les Français sont très attachés à leur « service public », conservons le service public. Et que l’État continue à déterminer les objectifs des enseignants. Et donnons à chaque enfant un « chèque scolaire » qu’il remettra à l’école choisie par les parents. Ainsi sera mis en place un service public « gratuit » mettant en concurrence tous les établissements scolaires et donnant aux parents la liberté d’un choix démocratique. Mais j’ai peur que cette nécessaire concurrence ne soit pas clairement annoncée dans la longue lettre de notre Président.
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