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Éducation nationale : y a t-il une volonté de changement ?


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Fretté Philippe - mercredi 12 septembre 2007

education
L’incertitude demeure en cette rentrée, sur la question de savoir si la volonté politique est au rendez-vous pour affronter les vrais problèmes du système éducatif français.

Les récentes interventions de M. Darcos laissent rêveur : la négociation du prix du stylo-bille, la nomination d’un monsieur « revalorisation du métier d’enseignant » et l’heure supplémentaire de sport en primaire, sont plutôt les premiers signes d’une stratégie d’évitement, tout en permettant une certaine présence sur les ondes…

Comme avec M. Chirac, et son grand débat sur l’École, qui n’a abouti qu’à entériner les erreurs du passé, dans un immobilisme incroyable, on a l’impression que la réforme du système éducatif n’intéresse pas plus le gouvernement de M. Sarkozy.

Il est vrai que toute réforme profonde en ce domaine n’a d’effets que sur le long terme, voire sur une génération, et que les politiciens ont pris la fâcheuse habitude de ne réagir qu’à l’urgence, ou aux pressions des lobbies médiatiques ou syndicaux… ces réactions se limitant la plupart du temps à injecter des fonds supplémentaires au petit bonheur, ou à créer des « dispositifs » supplémentaires, alourdissant encore davantage le fonctionnement général.

L’omerta est telle à l’Éducation nationale,
que les dysfonctionnements, souvent masqués par de faux problèmes, échappent au commun des mortels.

La liste (non exhaustive) de ces dysfonctionnements est pourtant longue
:

- des programmes « fourre-tout », souvent incohérents et visant davantage à formater la pensée qu’à transmettre des savoirs,
- une montée de l’absentéisme et de l’inappétence scolaire,
- une éthnicisation des établissements scolaires,
- une montée en puissance des conduites à risques, dont la toxicomanie,
- une résistance à l’application des règlements intérieurs des EPLE (Établissements publics locaux d’enseignement créés en 1983) et des problèmes d’insécurité et de violence,
- l’inadaptation des formations aux besoins de l’économie,
- la médiocrité (voire l’inexistence) de l’éducation à l’orientation,
- la dévalorisation du coûteux baccalauréat général,
- la dramatique régression dans la maîtrise de l’écrit par les élèves,
- la faible compétitivité des universités publiques,
- le monolithisme idéologique des IUFM,
- la banalisation de l’agitation lycéenne, encouragée par des professionnels de l’éducation au sein des établissements.

Quels progrès ont apporté les lois sur la décentralisation de 1985/86 créant l’autonomie et la personnalité juridique des établissements scolaires ?

La multiplication des décideurs, des bailleurs de fonds (ministère, région, département, commune), a introduit la complexité dans la gestion matérielle et financière des établissements et une bureaucratisation sans précédent.
Bien entendu, personne n’a jamais chiffré le coût de cette réforme pour le contribuable.

Il serait urgent, si l’on prétend faire des économies, de ne pas se limiter à un contrôle des règles comptables mais d’introduire le contrôle de gestion, que connaît toute entreprise. Dans ce domaine, un audit indépendant s’impose.
Monsieur Darcos a donc bien du travail, et pas seulement sur le plan pédagogique.
Mais la volonté politique est-elle au rendez-vous ?

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