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Élection américaine : le tournant


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Rouxel Jean - mercredi 03 septembre 2008

etats-unis
Ces derniers jours ont marqué un tournant dans la campagne pour l’élection présidentielle américaine. Et ce tournant, quoi qu’en ait dit la presse française, n’est pas vraiment favorable à Obama.

Il y a d’abord eu le choix du vice-président : Joe Biden. Or, celui-ci me paraît un mauvais choix, pour ce qu’il est et pour ce qu’il n’est pas. Pour ce qu’il est, d’abord : un catholique « pro-choice » (favorable à l’avortement). Conséquence immédiate : bon nombre de leaders pro-vie (évêques compris), qui pourtant n’étaient pas enthousiasmés par McCain, ont tapé à bras raccourcis sur le ticket démocrate.

Les « valeurs » sont redevenues un sujet central et, comme lors de l’élection de 2004, les républicains ont un net avantage sur ce terrain.
Dans ce domaine, il faut mentionner aussi « l’affaire Pelosi ». La présidente démocrate de la Chambre des représentants a porté un très mauvais coup – volontaire ou non ? – au candidat de son parti, en prétendant justifier l’avortement avec l’aide des Pères de l’Église (elle est elle-même catholique « pro-choix »). Le scandale n’est pas près de retomber et, tant qu’il dure, il fait le jeu de McCain !

En outre, Biden n’est pas Hillary Clinton. Sa désignation ne permet donc pas de cicatriser les blessures des primaires démocrates. Et il est désormais probable que – là encore, contrairement à ce qu’en dit la presse française – une bonne partie des démocrates fassent discrètement campagne contre Obama. Il suffit de jeter un coup d’œil au discours de l’ex-première dame pour comprendre que son « soutien » à son ancien rival va être des plus mesurés. D’autant plus que, si McCain est élu, elle garde ses chances pour 2012…

Ajoutons encore que bon nombre des États démocrates sont des États du Sud et qu’ils ne sont sûrement pas prêts à voter pour un métis.
Du côté McCain, l’homme jouit de sa position de non-favori des médias. Il parle donc peu, sauf pour cogner sur l’inexpérience de son adversaire et jeter un peu d’huile sur le feu des relations internes au parti démocrate.

Il n’a plus à faire la preuve de son expérience, ce qui lui facilite aussi la tâche.

Enfin, cerise sur le gâteau, il vient de choisir une femme, plus jeune qu’Obama, Sarah Palin, récemment élue gouverneur d’Alaska qui fera la joie des plus conservateurs (anti-avortement, pour la liberté des armes à feu…), dont McCain n’était pas a priori le candidat. Le parti républicain est en ordre de bataille ; on ne peut pas en dire autant des démocrates !

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