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Élections cantonales : premier bilan


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Baudouin Pierre - mardi 29 mars 2011

2012, front-national
Au lendemain des cantonales, nous pouvons tirer quelques conclusions importantes pour l’avenir de la droite française – notamment dans le cadre de la préparation de 2012
.
La première chose qu’il faut noter, c’est que le PS n’a pas remporté une victoire massive – contrairement à ce que disent tous les médias.
Certes, le bloc de gauche atteint pratiquement 50 % au deuxième tour, mais les premières indications des nombres de voix semblent plutôt indiquer une grande stabilité des équilibres politiques.

Il est clair que les électeurs de droite se sont assez peu mobilisés et une large partie de l’abstention (autour de 54 %, soit un record pour ce type de consultation électorale) leur est imputable.

Cependant, l’élection de 2011 n’est pas le raz-de-marée annoncé. On parlait de 10 départements qui passeraient à gauche ; on en compte 2 (plus 3 ou 4 potentiellement gagnables pour la gauche).

En sens inverse, un département repasse à droite (le Val d’Oise). À titre de comparaison, en 2004, la gauche avait remporté 10 nouveaux conseils généraux, quand la droite en gagnait un ; et en 2008, la gauche avait gagné 8 nouveaux conseils généraux, quand la droite en gagnait deux.
Et, sur 2 026 cantons renouvelables, 386 seulement ont changé de bord, avec un solde négatif de 48 pour la droite et un solde positif de 31 pour la gauche.

Bref, plus que la révolution rouge-verte-rose annoncée sur les ondes depuis dimanche soir, nous assistons à une grande stabilité.
Malheureusement, cette stabilité conforte la domination de la gauche sur les collectivités locales. Or, ces dernières acquièrent chaque année de nouveaux pouvoirs. Et la capacité de nuisance du PS et de ses alliés augmente ainsi méthodiquement depuis plus de 10 ans.

Hormis l’abstention et les barons locaux de gauche, le grand gagnant est le Front national.
Mais, là non plus, il n’y a pas la révolution annoncée. Le parti de Marine Le Pen n’a pu s’imposer que dans deux des 402 cantons où il se présentait au second tour (après avoir présenté 1 450 candidats au premier tour). Ce qui, au passage, ne constitue pas une première : le FN avait déjà eu des conseillers généraux aux élections de 1998 et de 2004. Le FN continue à faire l’effet d’un repoussoir, malgré la « dédiabolisation ».

La principale nouveauté tient au rejet du front républicain par la majorité. Le « ni, ni » sarkozyste est un grand progrès face aux appels chiraquiens à voter à gauche.

Une autre nouveauté significative réside dans le fait que, presque partout, le FN a augmenté ses scores au deuxième tour par rapport au premier. Ce qui signifie que la diabolisation, bien qu’elle laisse des traces, ne fonctionne plus aussi bien que naguère.

Enfin, la troisième nouveauté – et non la moindre –, c’est que désormais une majorité de Français voudraient que l’on traite le FN comme un parti « comme les autres » : 52 % des Français sont de cet avis, contre 42 % voici 6 mois !

Ce qui est évidemment une excellente nouvelle, puisque rien ne justifiait l’ostracisme imposé à un parti pourtant légalement constitué et concourant légalement aux élections. Mais cette nouveauté est aussi embarrassante pour le FN. Car un « parti comme les autres », c’est un parti capable de gouverner. Or, le FN manque cruellement de cadres capables de se faire obéir (et même de se faire comprendre) des hauts fonctionnaires.

Et, par ailleurs, le FN manque également d’un programme socio-économique digne de ce nom. Bien que je sois nettement plus favorable aux libertés économiques que Marine Le Pen, je ne suis personnellement pas opposé à ce qu’un parti de droite propose un programme protectionniste.

Mais il convient que ce protectionnisme soit défendable. À l’heure actuelle, c’est aux frontières de l’Union européenne que l’on pourrait éventuellement restaurer des barrières douanières. Je doute fort, en effet, que la sortie de l’UE, qui fait toujours partie, me semble-t-il, du programme du FN, soit aujourd’hui techniquement envisageable.

Même pour un libéral ou un monétariste, une exigence de réciprocité dans l’ouverture des frontières me semble parfaitement justifiée. Rien n’impose non plus que nos négociateurs à l’OMC fassent semblant de croire que les prisonniers politiques des camps de concentration chinois sont des salariés comme les autres !

En tout cas, si les Français veulent que le FN devienne un parti comme les autres, il va y avoir du travail au FN pour être à la hauteur de cette nouvelle situation politique !

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En bref
Medias
Canal+ > Le groupe Canal + envisage de lancer une chaîne généraliste et gratuite, Canal 20. Appuyée par les moyens du groupe, Canal 20 viserait une part d’audience de 3 % la première année et de 7 % en rythme de croisière (alors qu’aujourd’hui, les meilleures chaînes gratuites de la TNT se situent autour de 3 % de part d’audience)…

Médias
BFM > Alors qu’au début de 2011, BFM TV réunissait, 7,21 millions de téléspectateurs par jour, la chaîne d’information a été suivie quotidiennement par 9,22 millions de téléspectateurs au cours de la semaine du 7 au 13 mars, et même par 11,12 millions au cours de la semaine du 14 au 20 mars ! La chaîne est ainsi devenue la première chaîne de la TNT, avec une part de marché de 2,9 %…

Afrique > En 2010, l’Afrique a représenté 4,6 % des sujets abordés lors des journaux télévisés (contre 3,4 % en 2009 et 2,2 % en 2000), avec 1 475 sujets concernant 36 pays.

Télévision > L’étude « One Television Year in the World » d’Eurodata TV Worldwide (Médiamétrie), qui porte sur plus de 80 pays de la planète, révèle une hausse de la consommation télévisuelle en 2010. La durée moyenne d’écoute mondiale est passée à 3 h 10 par jour et par personne, soit 6 minutes de plus qu’en 2005. Entre 2009 et 2010, les téléspectateurs européens ont augmenté leur consommation de 6 minutes par jour, pour atteindre 3 h 48 et les Américains de 4 minutes pour atteindre 4 h 39 !

Havas > Désendetté et disposant de 750 millions d’euros de trésorerie, le groupe de communication Havas annonce une capacité de financement de l’ordre de 1,75 milliard d’euros !




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