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Élections présidentielles 2007


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Rouxel Jean - dimanche 26 février 2006


Sondage après sondage, Nicolas Sarkozy confirme sa position de meilleur présidentiable, toutes familles de pensée confondues. Dominique de Villepin, en embuscade vis-à-vis de son ministre de l’Intérieur, perd du terrain, tout simplement parce que le Premier ministre peut difficilement être populaire quand son patron et son mentor : chef de l’État, bat lui-même des records d’impopularité.

À gauche, Ségolène Royal, 52 ans, crée la surprise en accentuant son avance à chaque nouvelle étude d’opinion publiée. L’analyse de la dernière en date, le sondage CSA pour « I > télé » et le « Parisien/Aujourd’hui en France », publié le lundi 20 février, indique non seulement qu’elle creuse l’écart avec ses principaux concurrents (Lionel Jospin, Dominique Strauss-Khan, Jack Lang ou Laurent Fabius), mais encore et surtout, qu’elle attire 56 % des sympathisants du PS, alors que ceux-ci ont, par ailleurs, eux-mêmes une opinion négative du rôle joué par leur propre parti politique.

Il est de bon ton dans la plupart des rédactions de faire preuve, au minimum, d’une certaine condescendance à l’égard de la Présidente de la région Poitou-Charentes. On peut se moquer de son goût pour une exposition médiatique excessive. L’inusable Alain Duhamel, sans doute parce qu’il n’a pas l’habitude de déjeuner avec elle, l’a exclue de sa liste des quinze « prétendants » à la prochaine élection présidentielle. Je crois qu’il se trompe.

On dit qu’elle n’a pas de projet. Mais Jacques Chirac en a-t-il jamais eu ? Par contre, elle a, dès maintenant, un positionnement précis et, pour une communication politique efficace, c’est l’essentiel. Ce positionnement ne résulte pas seulement de sa féminité et de l’intérêt qu’elle a montré à différents moments de ses 23 années de vie politique pour les questions de société (dénonciation de la pornographie à la télévision, attention portée à la vie quotidienne dans les écoles…) mais également de déclarations qui la situent clairement dans le camp des réformistes pragmatiques de son parti. Elle a dit en particulier qu’elle voulait « faire du blairisme sans Tony Blair ». Quand on sait la haine qu’éprouvent les dirigeants socialistes pour le Premier ministre travailliste, on est obligé de considérer qu’il a fallu un certain courage à la députée des Deux-Sèvres pour faire une telle déclaration avant d’entreprendre la tournée des fédérations du PS.

Attention : à défaut de primaires, ce sont les militants qui désigneront les candidats.


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