Lambert Christian - mercredi 30 août 2006
Dans toute société humaine, ceux qui sont au sommet de la hiérarchie n’ont qu’un but : y rester. C’est là une constante à laquelle l’actuel Président de la République n’échappe pas. Comme en démocratie, même relative, il est impératif de séduire l’opinion, la tentation est grande de pratiquer la stratégie du mensonge. J’en donnerai, parmi beaucoup d’autres, deux exemples significatifs tirés notamment du dernier ouvrage de Thierry Desjardins, ancien rédacteur en chef du « Figaro » (« Assez », chez Lattes) dont je ne saurais trop recommander la lecture.
S’agissant du chômage, les médias nous serinent à longueur de journée qu’il est en baisse de telle sorte qu’à la veille de l’élection présidentielle en 2007, il sera de 8 % de la population active. On y parviendra sans aucun doute, de même que la croissance sera au rendez-vous et bien d’autres belles choses, si bien qu’en avril 2007, la France sera un paradis. Le chef de l’État pourra alors déclarer : « Étant à la tête d’une équipe qui gagne, mon devoir m’impose de rester Chef de l’État. Votez pour moi ».
La vérité est que les chiffres publiés sur le chômage sont faux. Sur la base de 2 400 000 chômeurs, chiffre officiel il y a quelques mois, on a oublié d’en comptabiliser 1 790 787
Qui sont ces chômeurs non-inscrits à l’ANPE et qui, du coup, n’ont pas le droit d’apparaître au grand jour ? Le ministère précise : 801 905 « demandeurs d’emploi ne remplissant pas les conditions d’ouverture de droits à l’assurance-chômage en raison d’une insuffisance d’affiliation », 184 499 « demandeurs d’emploi en interruption momentanée d’indemnisation », 135 476 « demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’indemnisation », 125 012 « demandeurs d’emploi en situation de carence », 139 459 « demandeurs d’emploi en situation indéterminée » et 4 436 « demandeurs d’emploi classés sans suite ».
Il convient d’ajouter à cela le fait que la France est le pays occidental qui compte le plus grand nombre de fonctionnaires par rapport au chiffre global de sa population – 6 300 000 – dont les emplois sont à vie, retraite incluse, ce qui fausse les statistiques comparatives, sans parler des « emplois aidés » par le contribuable, et malgré cela, le chômage des jeunes est toujours à 23 %. Bref, on en est à 14 % de chômeurs contre 4,8 % aux Etats-Unis, 4,3 % en Grande-Bretagne, 4 % aux Pays-Bas, 3,7 % au Danemark. Pourquoi ? Parce que ces pays ont eu la sagesse de baisser les prélèvements obligatoires. En France, un employeur qui paie un salaire de 1 000 euros en débourse en réalité 2 000. Dans ces conditions, le chômage se maintiendra toujours à un niveau élevé.
Autre mensonge – un super-mensonge celui-là – celui des « flux migratoires » et des étrangers en France. Les pouvoirs publics nous assurent que la France « ne compte que 3,8 millions d’étrangers, un chiffre stable depuis des décennies » (sic). À noter cependant que sous la pression de l’évidence, on est autorisé à savoir maintenant que l’immigration d’Afrique noire a augmenté de 45 % en cinq ans et que les précédentes statistiques en ce domaine avaient été entachées d’erreurs (ou truquées). En réalité, sur les 10 à 12 millions d’allogènes établis en France, il est très instructif de savoir qui sont les 65 % d’étrangers et les 60 % de naturalisés qui ne sont ni européens ni asiatiques. Voici ce qu’on découvre : – étrangers : 280 000 Algériens, 550 000 Marocains, 210 000 Tunisiens, 225 000 Turcs, 45 000 Sénégalais, 50 000 Maliens, 25 000 Zaïrois, 20 000 Camerounais. Encore s’agit-il là d’estimations très « raisonnables ». – naturalisés : 220 000 ex-Marocains, 210 000 ex-Algériens, 105 000 ex-Tunisiens… plus 500 000 clandestins, chiffres officiels.
Le ministère de l’Intérieur lui-même estime qu’il y a aujourd’hui 5 600 000 habitants en France qui sont « originaires d’Afrique ou de Turquie », que ces 9 % de la population sont « responsables » de 16 % des naissances et qu’en 2015, cette population africano-turque représentera 15 % des habitants de l’Hexagone et assurera 30 % des naissances. C’est que ces populations se renforcent de plus de 1 000 arrivées par jour, 80 % venant d’Afrique, par les visas, 612 583 délivrés en 2005 pour le seul continent africain – même chiffre en 2004 – par les portes ouvertes à Mayotte, en Guyane, par le passage des « régularisés » d’Espagne et d’Italie – un million ces temps derniers – parce que les allocations financières sont plus intéressantes en France, une « immigration d’allocataires » qui coûte évidemment très cher. Yves-Marie Laulan, Président de l’Institut de géopolitique des populations, estime le coût total de l’immigration et de l’intégration à 36 milliards d’euros par an, soit 80 % du déficit du budget de l’État !
Ajoutons à cette désastreuse situation, les 6,5 millions de musulmans naturalisés, régularisés ou clandestins, ce qui explique que le nombre officiel des mosquées en France a été multiplié par seize en trente ans et s’élève à 1 600 dont 52 dans l’enceinte du seul aéroport de Roissy, dont une bonne partie du personnel de manutention est musulman… « Dans quarante ans, c’est sûr, la France sera une République musulmane », proclame Hussein Moussaoui, le chef du mouvement chiite libanais Amal, ce que confirme Bernard Lewis, professeur à l’Université de Princeton, islamologue mondialement connu.
Alors, qui peut dire que depuis trente ans, la France est bien gouvernée ?…
(Bernard Lewis)
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