Milliere Guy - mercredi 12 septembre 2007
irak, islamisme
Quand cet article paraîtra, le général Petraeus aura rendu son rapport sur la situation en Irak. Il aura fait état d’avancées stratégiques, de difficultés persistantes, et de la nécessité de poursuivre les efforts. Les démocrates auront cherché de quoi alimenter critiques et polémiques, quelques républicains les auront rejoint, Bush aura tenu le cap. Faisons un bilan provisoire.
D’abord, fallait-il intervenir et libérer l’Irak ? Oui. La guerre de 1991 s’était achevée par des massacres de masse parmi les shiites. Elle avait laissé Saddam au pouvoir et celui-ci continuait à se conduire de manière abominable vis-à-vis de la population. Le pays était victime d’un embargo dont les plus humbles souffraient tandis que la nomenklatura du régime prospérait. Saddam soutenait diverses organisations terroristes et seuls ceux qui pensent qu’aucun Kurde n’a été gazé peuvent avoir l’impudence de dire qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak.
Deuxième question : la guerre a-t-elle été bien menée ? La réponse, là, doit être plus mitigée. D’une part, les sordides manœuvres chiraco-villepiniennes ont retardé les opérations, divisé l’Europe et conduit à faire qu’une action simultanée depuis le Nord et le Sud est devenue impossible : la France de l’époque a eu un réel pouvoir de nuisance. D’autre part, si la chute de Bagdad s’est passée de la façon prévue, les opérations de stabilisation ont ensuite été menées sur un mode qui n’a pas été optimal et qui n’a été rectifié qu’assez tardivement. Des entraves ont existé, donc. Des décisions malencontreuses ont été prises, dont la rectification a fini par s’effectuer. Des morts auraient pu être évitées, mais, je le répète : la critique est aisée, et l’art bien plus difficile.
Troisième question : au-delà du fait qu’elles ont été, incontestablement, une nuisance, les sordides manœuvres chiraco-villepiniennes pouvaient-elles être justifiées en quoi que ce soit ? La réponse doit être : clairement et absolument non. Chirac, Villepin, et leurs complices Schröder et Poutine, ont essayé de sauver un dictateur aux intentions génocidaires explicites.
Non seulement, ils ont fracturé l’Europe et nui à l’efficacité militaire de la coalition, mais ils ont ainsi envoyé une sorte de message de solidarité aux islamo-terroristes qui n’a pas été sans conséquences jusqu’à ce jour. Les propos parlant d’unilatéralisme sont absolument malhonnêtes et reposent sur une amnésie très sélective (les opérations en Bosnie et au Kosovo n’ont pas été effectuées avec l’aval de l’ONU, mais n’ont pas été fustigées par la France parce qu’elle était partie prenante). Les propos « déplorant » les difficultés ultérieures et louant la « sagesse » de la France sont bien davantage que malhonnêtes, sauf pour ceux qui considèrent « sage » de fermer les yeux sur des crimes de masse, de soutenir de facto le terrorisme et de se laver les mains dans le sang des morts.
Les propos disant que la libération de l’Irak a renforcé le terrorisme reposent sur une non-compréhension absolue de ce que sont les terroristes, et sur l’idée que l’apaisement peut fonctionner avec ce genre de gens : ce qui est exact est que les terroristes se sont acharnés sur l’Irak aux fins que celui-ci ne connaisse pas de répit. Fort heureusement, Sarkozy et Kouchner ont commencé à tenir un discours plus juste et à restaurer l’honneur de la France.
Ultime question : et maintenant ? Il importe de faire preuve de lucidité. L’Irak n’est pas en guerre civile : il est le champ de bataille où s’affrontent terroristes djihadistes soutenus par l’Iran, la Syrie et al Qaida d’une part, et forces de la civilisation d’autre part. Les forces de la civilisation doivent impérativement l’emporter pour que survive la civilisation. Tout terrain cédé aux terroristes djihadistes permettraient à ceux-ci de se sentir galvanisés et de mener plus loin leurs opérations de destruction des sociétés ouvertes.
Les États-Unis ne céderont pas. Fin 2001, Bush a dit qu’il s’agissait d’une guerre plus vaste, qui serait longue. La cohorte brinquebalante où se mêlent extrême gauche, extrême droite, gaullistes français, islamistes, amis des dictateurs et des tortionnaires, continuera à pérorer, invectiver et trépigner, mais elle sera du côté des vaincus. La liberté a souvent été menacée au fil de l’histoire. Ses ennemis avoués ou inavoués, conscients ou inconscients n’ont jamais gagné.
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