Trémeau Bernard - mercredi 27 septembre 2006
En complément de l’excellent article de Pierre Barrucand (la semaine dernière) sur la carte scolaire, j’aimerais aborder l’aspect monopolistique intolérable de l’Éducation nationale.
Au nom de la justice sociale, la France a créé l’Éducation nationale. Une même entreprise diffuse « gratuitement » dans toute la France le même enseignement. De ce fait riches ou pauvres, Français de souche ou immigrés, fils de professeur ou fils de balayeur, surdoués ou débiles auront, théoriquement, les mêmes chances dans la vie.
Bien des Français ont cru avoir trouvé le meilleur système d’éducation. À tel point que Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, avait voulu supprimer l’école dite libre, qui était selon lui un résidu inégalitaire insupportable. Il a échoué. Mais un tel système n’a pas que des avantages.
D’abord, il retire à tous les parents un choix essentiel, celui de faire donner à leur enfant un enseignement qui leur convient. Les Français sont heureux de pouvoir choisir leur fromage, leur chandail ou leur journal. Imaginons comme notre vie serait merveilleuse si, au nom de la justice sociale, nous étions tous obligés de manger le même yaourt gratuit, de mettre le même chandail rouge gratuit ou de lire le même journal gratuit, l’Humanité par exemple. Même si l’État nous affirme que tous ces produits sont garantis les meilleurs du monde.
Notre Éducation nationale, inspirée par le système totalitaire national-socialiste allemand « formant » la jeunesse hitlérienne ou par le système totalitaire soviétique « formant » la jeunesse communiste, est dangereux, car il donne à l’appareil éducatif un immense pouvoir. Celui de « former » dans un certain sens notre jeunesse. Il suffit, par exemple, de lire les livres mis à la disposition de nos enfants, pour comprendre qu’à l’Éducation nationale française, on n’apprend que les inconvénients de l’économie de marché, et l’on n’enseigne que les avantages de l’économie mise sous la tutelle de l’État.
Choisir l’école de ses enfants
Les enseignants rassemblés dans une même école, même s’ils possèdent les diplômes nécessaires, forment des équipes totalement différentes les unes des autres. Certaines, menées par de bons responsables, savent assurer la discipline dans leur établissement et sont très performantes. Les élèves qui en sortent sont bien plus avancés que ceux qui sortent de l’école voisine. De leur côté, les élèves qui fréquentent une école sont tous différents les uns des autres. Les enfants d’immigrés issus de familles ne parlant pas le français ont besoin d’un enseignement différent de celui qui est donné à des enfants issus de familles parlant le français. Certains élèves perdront leur temps à l’école ; tandis que d’autres en sortiront sans savoir ni lire, ni écrire. La carte scolaire a été instituée, en 1963, pour retirer tout choix aux parents. Leur domicile détermine l’école de leur enfant. Même si l’école où doit aller leur enfant est notoirement médiocre. C’est insupportable.
Selon certaines statistiques, plus de 30 % des parents contourneraient la loi en arrivant à envoyer leur enfant dans une école qu’ils jugent meilleure. Les écoles dites libres refusent des élèves, l’État leur interdisant de recruter des professeurs en nombre suffisant.
Dernier avatar en cours du monopole d’État : l’Éducation nationale serait favorable à une notation des écoles. Savoir que la carte scolaire vous contraint à envoyer votre enfant dans l’école la moins bien notée du pays n’est pas très stimulant… Le monopole de l’Éducation nationale est le pire des monopoles d’État. Il maintient en vie des écoles dangereuses pour nos enfants. Il ne faut pas supprimer ou « aménager » la carte scolaire. Il faut supprimer le monopole d’État qui introduit une nouvelle et grave injustice sociale.
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