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En s’élargissant, l’Europe a reculé


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Barrucand Pierre - mardi 30 janvier 2007

europe, turquie
Faut-il relancer l’Union Européenne et comment ? Ou, au contraire, l’achever, pour éviter une longue mais inévitable agonie ? Il est certain que cette construction européenne a eu, sur bien des points, des effets très heureux.

Ainsi, elle a partiellement limité l’autoritarisme et l’arrogance inouïes du ministère français de l’Agriculture, et amélioré, spécialement en France, la protection des « Droits de l’homme », une notion floue et complexe, mais non dénuée d’une certaine pertinence.

À l’opposé, la nécessité pour l’économie d’une unification partielle d’un vaste ensemble géographique n’est pas évidente. Ainsi, étrangères à l’Union, Suisse et Norvège se portent fort bien, et dans les continents américains, de petits États tels Panama, Costa Rica, Trinidad, ont fait de remarquables progrès.

Ce qui finalement semble entraîner le choix, c’est la nécessité sur toutes sortes de sujets, d’une vaste union géographique comparable aux USA, à la Chine et à l’Inde, voire demain au Brésil et à la Russie. Une Union qui pourrait s’associer à une Afrique échappée aux démons issus de la décolonisation.

Il y a aussi le besoin d’une Union contre les menaces que font peser certains courants « islamistes » (et pas seulement le terrorisme), menaces qui risquent de se poursuivre très longtemps.

Or, la crise de la politique européenne est due à des causes très réelles et souvent très précises qu’il convient de supprimer. Une des raisons - certains disent presque la seule - du rejet du « Traité constitutionnel » est la menace d’une adhésion turque entraînant la venue d’une dizaine de millions de ces paysans anatoliens qui posent même des problèmes à la « République turque de Chypre », plus évoluée ! Certes, la nécessité d’un référendum en France pour accepter cette adhésion garantit (avec un pourcentage de plus de 75 % de non) son rejet, mais l’opinion reste méfiante et craint une « entourloupe », ce qui est confirmé par la révélation faite par M. T. Ferenczi de pourparlers secrets qui continuent à se dérouler ! Il est indispensable d’en finir et que l’opinion soit rassurée définitivement !

L’Europe pas prête
pour une politique
extérieure commune


De même, une décision antérieure relative à la fiscalité a retiré aux États l’essentiel de leurs pouvoirs sur la TVA, même intérieure (restauration, hôtellerie…)

Cette décision est insensée et, bien sûr, incompréhensible pour presque tout le monde, y compris les élus. Elle doit être abrogée. Au-delà, un Traité doit impérativement préciser rigoureusement les limites des pouvoirs de l’Union, les droits imprescriptibles des Nations, trop souvent bafoués par la bureaucratie bruxelloise. M. G. Dantec déclara récemment que n’importe quel État des USA a plus de pouvoir ! Eut-il tord ? Pas sur tout.

Un homme politique de gauche italien, M. d’Amato, faisait récemment des constatations de bon sens sur ce sujet et sur l’emploi très fâcheux du mot « constitutionnel », qui suggère une volonté de domination, et sur la nécessité d’abandonner toute référence au traité rejeté. Il a évidemment raison et témoigne d’un bon sens, absent chez le ministre espagnol Moratinos, fidèle à la langue de bois béate et emphatique usuelle. Mais, au-delà, il faut constater que l’économie bruxelloise est un mélange malheureux de libéralisme concurrentiel et de bureaucratie particulièrement tatillonne, conçue largement par des théoriciens ignorant beaucoup de réalités. Une Union prospère impliquerait peut-être un changement de cap.

Un exemple anecdotique de la « volonté de puissance » au détriment des États a été l’imposition d’un passeport unique pour l’Union. Beaucoup de citoyens se sentirent frustrés de la perte d’un des symboles de l’existence de leur pays, leur nation. Déçus ? Hostiles ?
Au-delà, il semble impossible de concilier l’existence de nations souveraines avec une politique étrangère commune et un ministère commun des Affaires étrangères. Et ce d’autant plus que, par exemple, à propos de la Russie, Pologne et Bulgarie, elles diffèrent totalement. Et coordonner 27 nations (ou plus) n’est ni facile, ni rapide ! Surtout s’il y a désaccord !

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En bref
Ralliement
Jérôme Rivière, député UMP de Nice, et souverainiste, rejoint le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers. Actualité française.

Divers faits
Jordanie > La branche irakienne d’Al-Qaïda appelle ses partisans en Jordanie à assassiner le roi de ce pays, Abdallah II.

Turquie > L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a demandé à la Turquie d’abolir l’article 301 de son code pénal qualifiant de crime toute insulte à l’identité turque, aux institutions nationales et aux forces de sécurité.

Maroc > Un tribunal d’État marocain a interdit la parution de l’hebdomadaire « Nichane » pour deux mois, et infligé des peines de prison avec sursis et une amende à deux de ses journalistes, pour avoir publié des blagues « attentatoires à l’islam ». « Nichane » n’interjette pas appel afin de ne pas donner l’occasion aux partis islamistes d’exploiter l’affaire.

Pollution > 14 entreprises américaines - parmi lesquelles General Electric - ont demandé lundi 22 janvier aux responsables politiques américains de fixer des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Innovation > Une entreprise canadienne a inventé un procédé pour la fabrication d’ampoules électriques consommant 90 % moins d’énergie que les ampoules traditionnelles, avec une durée de vie de 20 ans.

Mode > Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a mis en place un groupe de travail sur le thème de l’extrême maigreur de certains mannequins. Sous deux mois, des mesures portant sur l’apparence du corps dans la publicité seront prises…




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