Menou Pierre - dimanche 07 février 2010
etats-unis, dette
La crise économique est-elle vraiment derrière nous ? Il est permis de se le demander, à lire Les Echos du 5 février : « Après la Grèce, le Portugal et l’Espagne pris pour cibles de la spéculation. Les Bourses mondiales dévissent. Trichet tente de rassurer sur la solidité de la zone euro. Premières menaces sur la notation des Etats-Unis. »
Ce qui arrive était-il imprévisible ? Pour juguler la crise financière et économique, les Etats ont laissé s’emballer le déficit et la dette publics.
Concernant les Etats-Unis, Virginie Robert observe dans Les Echos : « Si elle s’établit à 12 364 milliards de dollars aujourd’hui, la dette fédérale a représenté 53 % du PIB en 2009 et devrait atteindre 64% à la fin de cette année. Mais le ratio pourrait dépasser les 100 % en 2020 selon l’agence Moody’s (au lieu des 77 % prévus) si l’on intègre la dette des différents Etats et des gouvernements locaux. »
Ce qui signifie, en clair, que la dette serait supérieure à la richesse créée aux Etats-Unis pendant toute l’année.
Quant à l’Europe, estime l’éditorialiste du Monde du 6 février, elle a « commis au moins une erreur. Celle de ne pas regarder d’assez près les comptes publics des Etats membres, notamment ceux de la zone euro. Mais cette crise révèle une faiblesse bien plus grave : l’absence de trousse de secours pour soigner le malade. (…) L’euro est une formidable réalisation que le monde entier nous envie, mais qui présente un vice de taille : elle est la seule monnaie au monde à ne pas être au service d’un gouvernement et d’un ministre des finances ».
On a compris où veut en venir le journaliste : la solution passerait par un gouvernement européen.
A moins qu’elle ne consiste, au contraire, à en finir avec cette monnaie unique « que le monde entier nous envie » et qui prive aujourd’hui les Etats de la possibilité de manœuvrer.
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