Trémeau Bernard - mercredi 19 avril 2006
Des manifestations sont organisées en France contre l’utilisation de l’énergie nucléaire. La bombe atomique d’Hiroshima, les incidents survenus sur une centrale américaine en 1979 ou la catastrophe de Tchernobyl en 1986 justifient les craintes. Les gouvernements américains, allemands, italiens ou anglais avaient programmé l’arrêt de la production d’électricité par l’atome. Vivre sans énergie est totalement impensable, mais des économies d’énergie peuvent être réalisées dans certains pays développés. Le développement de l’Asie, de l’Afrique ou de l’Amérique du sud augmentera de façon fantastique les besoins d’énergie des hommes. On ne peut pas leur refuser le développement…
Aujourd’hui, 65 % de l’électricité produite proviennent des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), 19 % des énergies renouvelables (barrages sur les rivières, usines marémotrices, éoliennes ou piles solaires) et 16 % proviennent des centrales nucléaires.
Tandis que les besoins des hommes augmentent rapidement dans le monde, les réserves en énergies fossiles commencent à montrer leurs limites. Schématiquement, le pétrole risque d’avoir encore 50 ans à vivre, le gaz 100 ans et le charbon 200 ans. Peu de temps à l’échelle historique de l’univers. Il devient donc indispensable et urgent de penser dès maintenant au renouvellement de l’ensemble des sources d’énergie.
Les énergies renouvelables sont très à la mode. Elles permettent d’envisager un développement durable. Mais elles ont deux inconvénients majeurs. Elles coûtent plus cher que les énergies fossiles et elles ont des limites. L’équipement des rivières françaises en barrages n’a que peu d’avenir, tandis que les inconvénients écologiques des immenses barrages sont évidents (par exemple Assouan en Égypte).
Dans l’état actuel de la technologie, le développement des usines marémotrices ne peut pas apporter un complément valable. L’énergie du vent captée grâce aux éoliennes est très à la mode. Mais les éoliennes ne sont pas belles, font du bruit et ne marchent que quand le vent souffle. L’appoint est intéressant, mais ce ne peut être qu’un appoint.
L’énergie solaire peut être captée directement par des engins de plus en plus puissants et efficaces. Mais ils utilisent des métaux lourds très polluants. L’énergie solaire peut aussi être captée par les plantes, comme les arbres, le maïs ou la canne à sucre, plantes alimentant des chaudières à biomasse. Signalons enfin le projet d’une immense tour solaire en Australie. Une cheminée de 130 m de diamètre et de 1 000 m de hauteur (trois tours Eiffel) Le soleil chauffe à sa base une vaste serre et l’air chaud s’élève dans la tour, créant un vent de 32 km à l’heure animant des turbines.
L’énergie nucléaire est produite dans des centrales atomiques. La France est dans ce domaine à la pointe de la production et de la recherche, avec la société Areva. On travaille dans le projet EPR (European Pressurized Reactor) sur une grande amélioration des centrales actuelles : meilleur rendement, meilleure sécurité et moindre coût de l’énergie. Les centrales actuelles pourront être renouvelées vers 2020. Une société américaine Général Atomics, associée à Framatome, travaille aussi sur des réacteurs HTR (High Temperature Reactor) pouvant porter à 800° la température, ce qui améliore de façon notable le rendement. Les pays européens et les USA s’intéressent à nouveau à l’atome.
Reste enfin à signaler le projet pharaonique et international ITER qui cherche à utiliser la fusion atomique vers 2030 au plus tôt. S’opposer actuellement aux recherches sur l’énergie nucléaire, c’est vouloir condamner l’humanité à vivre sans énergie dans 50 ou 100 ans, c’est exposer des milliards d’individus à la mort…
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