Trémeau Bernard - mercredi 25 mai 2011
deficits
Sur le plan économique, la politique suivie par la France depuis que l’euro existe, est caractérisée par 2 grands déficits : un déficit budgétaire dont on parle beaucoup et un déficit commercial dont on ne parle pratiquement jamais.
Le déficit budgétaire est bien connu. Chaque année, bien que notre pays se soit engagé à ne pas prévoir un budget en déficit, la France dépense plus qu’elle ne gagne.
La raison en est simple. Un gouvernement démocratique espère récupérer des électeurs quand il leur donne de l’argent : école « gratuite », médecine « gratuite », logement « social »…
Par contre, il pense en perdre quand il augmente leurs impôts. Le déficit budgétaire permet donc en principe de donner de l’argent sans avoir à en prendre par les impôts.
Aujourd’hui, les gouvernements français prennent plus de la moitié de nos revenus et les redistribuent. Malgré ce record, ils trouvent toujours une nouvelle occasion de donner de l’argent et ils repoussent à plus tard l’augmentation des impôts.
Le gouvernement actuel crée par exemple une allocation pour aider les personnes âgées dépendantes.
Il apparaît sans arrêt de nouvelles occasions d’augmenter le déficit. EDF vend actuellement son électricité en dessous du prix nécessaire pour équilibrer ses comptes. Le gouvernement, actionnaire d’EDF, lui demande de continuer à faire du déficit et il s’engage à lui donner une allocation pour le combler. Les Français paieront ainsi leur électricité un peu moins cher. Mais le déficit augmentera.
En France, le déficit est apparu en 1975 et il ne cesse d’augmenter depuis. Pour combler le trou, on emprunte de l’argent. Les intérêts représentent, aujourd’hui, une part importante du budget national.
Le déficit commercial est totalement différent. Avec le développement des moyens de transport, les échanges entre pays deviennent de moins en moins coûteux. Tous les peuples achètent de plus en plus des produits venant de l’étranger et la mondialisation de l’économie se met rapidement en place. Certains pays, comme la France, importent plus qu’ils n’exportent. D’autres, comme l’Allemagne, exportent au contraire plus qu’ils n’importent.
Pendant l’été 2002, la détérioration de la balance commerciale de la France a commencé et, depuis, elle ne fait que s’aggraver régulièrement tous les mois.
Mais les médias ou les responsables politiques parlent rarement de la balance commerciale. Cet instrument de mesure essentiel de la bonne santé de l’économie semble ne pas les intéresser. Très souvent, des émissions consacrées uniquement aux problèmes économiques se font sans dire un mot de la balance commerciale.
L’équilibre de la balance commerciale est déterminé essentiellement par le comportement des entreprises. Or, médias et responsables politiques français ont tendance à considérer que le domaine du commerce ou de l’industrie est un domaine de second ordre par rapport au domaine du gouvernement. La concurrence est qualifiée « d’ultra-libérale » alors qu’on ne parle jamais « d’hyper-intervention » de l’État français dans l’économie !
De plus, comme le souligne très justement mon ami Jean-Pierre Chevallier, les chiffres du déficit français avancés par les deux observateurs spécialisés, la Banque de France (BDF) et l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), varient du simple au double. Pourquoi cette énorme différence ?
La fiscalité française est la seule responsable du déficit de la balance des paiements. Car les gouvernements français n’hésitent pas, depuis 60 ans, à imposer les entreprises françaises, malgré la mise en place du Marché commun et de la mondialisation. Alors que les gouvernements étrangers font le contraire. Un entrepreneur français a aujourd’hui intérêt à délocaliser une partie de sa production. Il gagnera beaucoup plus d’argent. Les 40 entreprises du Cac 40 font toutes des bénéfices, c’est indiscutable. Mais elles font 80 % de ces bénéfices à l’étranger, ce qui est grave.
Le gouvernement français peut relancer notre économie demain s’il le veut. En cessant de croire à l’efficacité d’une relance keynésienne et en adoptant la relance monétariste. Il doit copier les relances irlandaise ou brésilienne.
Le gouvernement français peut supprimer le déficit commercial, demain s’il le veut. Il doit alors copier ce que fait l’Allemagne depuis des années. n
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