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Entre super-classe et immigration-invasion


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Thieulloy (de) Guillaume - jeudi 04 mars 2010


Après mon article contre l’égalitarisme (n° 729), un lecteur m’a objecté que les inégalités so­ciales n’avaient jamais été aussi fortes et que je pourfendais donc des moulins à vent. Mon premier mouvement a été de répondre que les principes égalitaristes n’étaient nullement contradictoires avec une réalité profondément inégalitaire.

Il est bien connu (enfin, bien connu des lecteurs des « 4 Vérités », car je n’ai pas l’impression que l’information circule très bien dans le grand public…) que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres est moins important aux États-Unis qu’en France, malgré tout le matraquage fiscal redistributeur que notre pauvre pays a mis en place.
Même si cela paraît, de prime abord, paradoxal, ce n’est pas si aberrant : en refusant de surfiscaliser les classes moyennes supérieures, on permet l’élévation progressive du niveau de vie pour tous. L’égalitarisme est le plus solide ennemi des pauvres !

Pourquoi parler des « classes moyennes supérieures » et non des classes les plus riches ? Parce que l’on sait bien que ces classes moyennes supérieures sont le meilleur soutien d’un véritable capitalisme d’épargne (et non de ce pseudo capitalisme d’endettement qui est la cause principale de la crise actuelle). Et parce que l’on sait que les milliardaires échappent très largement à l’impôt, du fait de la grande mobilité de leur patrimoine et de leurs revenus. C’est ainsi que les très riches, en France, ne paient pas l’ISF et s’acquittent rarement de l’impôt sur le revenu.
Bref, on peut fort bien à la fois se battre contre le très réel égalitarisme que la Révolution de 89 et surtout la Terreur de 93 ont inoculé aux Fran­çais (et dont la passion de la redistribution fiscale et la haine des patrimoines anciens sont les signes les plus évidents) et constater les très fortes inégalités, qui ne cessent effectivement de se creuser.

Je précise que ce qui me choque dans ces inégalités, ce n’est pas l’inégalité comme telle, mais l’hypocrisie qui fait d’un Fabius, pourtant très grande fortune, l’un des instigateurs de l’ISF.

Cependant, l’objection de ce lecteur m’a fait réfléchir à un autre aspect de la question : celui qui concerne la « super-classe » (pour reprendre l’expression de David Rothkopf, ancien sous-secrétaire d’État de Clinton et lui-même familier, sinon membre, de cette super-classe).
Un des dangers les plus graves qui menacent nos sociétés, c’est effectivement le déracinement. Sous deux formes, aux deux extrémités de l’échelle sociale : l’immigration de masse, du côté des plus pauvres ; la super-classe, sans patrie ni racine, du côté des plus riches.
Là encore, le problème n’est pas, en soi, que des très riches se refusent à tout attachement patriotique. Le problème, c’est que nos politiques publiques et nos vies privées sont régies par des gens pour qui nous ne sommes rien et qui ne nous sont rien non plus.

Prenons un seul exemple, emblématique : George Soros, célèbre spéculateur, a réussi, pratiquement à lui tout seul, à faire sombrer la livre sterling à la fin des années 1990 et à obtenir que celle-ci quitte l’union monétaire européenne. Personne ne verrait le moindre inconvénient à ce qu’un Britan­nique, peu satisfait du système économique et politique de l’Union européenne, agisse pour en sortir son pays. Mais, là, il s’agissait d’un homme qui n’avait rien à voir avec le Royaume-Uni et qui se moquait comme d’une guigne des conséquences politiques de sa petite opération ! Ce n’est pas tout à fait la même chose…

L’immigration nous pose un grave problème, car désormais une large partie de nos dépenses publiques est consacrée à entretenir sur notre sol des populations qui refusent, avec la dernière énergie, de s’adapter à nos coutumes et à nos lois, ou de s’intégrer à notre histoire. Notre problème n’est pas leur couleur de peau ou leur origine ; notre problème, c’est que cette couleur de peau, cette origine, cette religion, nous soient renvoyées dans la figure pour nous dire : « Vous êtes coupables envers nous, payez et laissez-vous coloniser ! »

Mais, en face, ne perdons jamais de vue que nous avons également un gros problème avec cette super-classe, mondialiste, sans davantage de racine que nos immigrés, qui nous dit : « Vous n’êtes que des moutons à tondre. Nous nous engraissons sur votre dos, en accumulant les profits et en vous laissant payer les dettes… »

Pas davantage que nous ne pouvons tolérer l’invasion par l’immigration, nous ne pouvons tolérer que cette super-classe, que nous n’avons pas choisie et dont nous connaissons à peine les membres, nous dicte nos conditions d’existence !

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