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Entretien avec Michel de Poncin |
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Entretien - mercredi 21 mai 2008
Michel de Poncins, vous êtes un spécialiste reconnu de l’analyse des gaspillages publics et vous avez créé très récemment un blog, <rupturepolitique.over-blog.com>. Quelle en est la raison ?
Comme tous les Français, j’espérais la rupture en juillet 2007 ; elle était possible, elle ne s’est pas produite et ne se produira pas. Sarkozy ne la veut pas et se contente d’en « causer ». La conséquence est que la France continue à s’enfoncer dans la paupérisation avec des effets visibles : chute du pouvoir d’achat, retraites en écroulement, crise dans le logement, industrie en lambeaux, sécurité sociale en déficit permanent. Vous décrivez souvent ces phénomènes dans le journal.
Or, il y a des milliers d’idées de rupture et beaucoup de Français en ont. Le blog a pour but de les recenser et de les diffuser. Les premiers lecteurs ont déjà formulé deux idées. Les autres, sans doute réfléchissent afin de communiquer leurs meilleures idées.
Qu’appelez-vous la rupture ?
Le nouveau pouvoir en 2007 était porté par une majorité claire désirant un changement majeur. Il avait le pouvoir et le devoir de le réaliser en rompant avec le dirigisme qui ruine la France depuis des décennies : c’est cela la rupture. Il fallait sans délai aucun rendre leur liberté aux Français dans quelques domaines essentiels.
Cela suffisait pour que la création de richesse recommence, avec en conséquence des suppressions d’impôts. Les Français reprendront confiance dans leurs dirigeants le jour où quelques impôts seront totalement supprimés : c’était possible en juillet 2007.
C’est donc à une sorte de libération que vous appelez…
Très juste. Nous avons besoin d’un « pouvoir libérateur ». Comme le pouvoir actuel continue dans la ligne des précédents, avec des gesticulations en plus, il faut espérer qu’un autre pouvoir arrivera et on doit s’y préparer. D’où l’idée de connaître toutes les possibilités de rupture et de les mettre en stock en quelque sorte.
Mais le pouvoir, quel qu’il soit, a-t-il une marge de manœuvre ?
Contrairement à la propagande officielle, la marge de manœuvre est immense ; la France est socialisée pour au moins 60 % du PIB et toute marge de liberté donnée à un peuple industrieux comme le peuple français créera des richesses dans des proportions incomparables générant aussitôt la prospérité avec de nouvelles marges de manœuvre et ainsi de suite.
Quels conseils donnez-vous aux lecteurs du blog pour qu’ils vous envoient de vraies bonnes idées et non des idées « farfelues » ?
Je donne dans le premier article du blog de « petits conseils ». En voici quelques-uns. Les idées les meilleures sont les idées simples, précises, et argumentées. Ainsi, la suppression de tel petit impôt auquel personne ne pense, car les petits impôts sont, malgré les apparences, aussi meurtriers que les grands impôts ou, encore, la suppression totale de tel organisme complètement inutile.
Ne pas évoquer la simple diminution d’un impôt ou d’une dépense, car la rupture implique la suppression totale. La suppression totale conduit à la disparition des lois, contentieux, statistiques, locaux et personnels tant publics que, parfois, privés : personne, dans le coût extravagant des actions publiques, n’évoque les coûts privés inutiles imposés par la force aux entreprises et particuliers !
Une bonne idée doit être ultra-rapide dans ses résultats : proposer une prétendue réforme qui aura ses effets en 2012, c’est chanter en l’air !
Éviter de proposer de nouvelles lois. Un pouvoir libérateur détruira un très grand nombre de lois et n’en créera pas de nouvelle. Chaque loi nouvelle est une opération de banditisme d’État, puisqu’elle enlève des moyens ou des facultés aux uns pour les donner aux autres.
Les mesures doivent être, si possible, totales, complètes, d’application immédiate : éviter le gaspillage du temps dans l’attente de décrets-lois qui ne seront peut-être jamais pris. Ne pas perdre le temps dans des idées trop vastes : pas la peine d’écrire qu’il faut équilibrer le budget : tout le monde le sait. Le seul moyen d’y parvenir c’est justement de réaliser la rupture.
En tout cas, nous vous souhaitons beaucoup de lecteurs et une bonne récolte…
LE BLOG RUPTURE POLITIQUE
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Représentativité > La CGT, première centrale syndicale « pesant » électoralement 29,4 % si l’on cumule les résultats des dernières prud’homales (2002) et des élections paritaires de la fonction publique, ne compte que 700 000 adhérents. Si on se limite aux syndicats dits « représentatifs », la CGT est suivie de la CFDT (22,9 % électoralement, mais seulement 700 000 adhérents, elle aussi), puis de FO (17,8 % et 300 000 adhérents), de la CFTC (7,6 % et 90 000 adhérents) et de la CGC (5,6 % et 90 000 adhérents)… Mais, certains syndicats officiellement « non représentatifs » regroupent davantage d’adhérents : c’est le cas, par exemple, de l’UNSA (7,6 % et 150 000 adhérents) ou de la FSU (3,3 % et 140 000 adhérents) !
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