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Envahissement et appauvrissement de la France


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Dumait Alain - samedi 10 juillet 2004


Les contraintes du bouclage de notre journal m’ont amené, la semaine dernière, à commenter le plan Borloo « de cohésion sociale » sans en avoir lu intégralement les dispositions. Celles-ci figurent dans un document de 44 pages (téléchargeable sur Internet http://www.emploi-solidarité.gouv.fr. C’est un catalogue fourre-tout d’observations et de propositions, dont beaucoup se contredisent. Il commence par un constat formidable : « La France est l’un des pays d’Europe qui consacre le plus gros effort financier à la protection sociale. Chaque année, elle y affecte 30 % de sa richesse nationale, soit environ
450 milliards d’euros ! Effort qui a plus que doublé les vingt dernières années… Pourtant, nos résultats sont inquiétants… ».
À partir de là, on aurait pu s’attendre à ce qu’un effort de réflexion critique soit mené. Une telle démarche a abouti, il y a quelques années, aux États-Unis, sous la présidence de Bill Clinton, à une remise en cause de l’État-providence, en posant comme principe que plus personne ne pourrait vivre éternellement de prestations à la charge de la collectivité. En Grande-Bretagne, on a assisté à une remise en question de fond en comble, du droit des immigrés. « Personne ne pourra plus s’installer en Grande-Bretagne seulement pour bénéficier des aides sociales et d’un logement » a déclaré le Premier ministre britannique.
Mais chez nous, au contraire, l’État-providence, pourtant obèse, continue à grossir chaque année. Loin de le mettre au régime, le plan Borloo va encore l’alimenter.
À l’avant-dernière page du document (page 41), dans le cadre du « programme 19 (rénover l’accueil et l’intégration des populations immigrées) », il est question de créer une « Agence nationale de l’accueil des migrations » (Anam), d’actualiser « les missions du Fond d’aides et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations » (FASILD) et de créer auprès du « Haut conseil à l’intégration », un « Observatoire statistique » coordonnant les données sur les flux migratoires... Au-delà du délire technocratique dont ce court extrait donne une petite idée (le ministre dit pourtant avoir arrêté de fumer…), on notera également l’hypocrisie : on donne à croire que l’on voudrait améliorer la connaissance des flux migratoires alors que tout est fait au contraire pour les méconnaître et en brouiller la connaissance, notamment en supprimant, des questionnaires de recensement, toutes les questions qui, il y a dix ans encore, permettaient de connaître vraiment l’évolution et les origines de la population résidant en France.
Aujourd’hui, c’est par les rapports de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) que le gouvernement est informé, plus ou moins bien, de la situation réelle qui résulte de trente années d’immigration non contrôlée. Comme tous les citoyens lucides le savent déjà, le bilan est terrible. « Parmi les quelque 630 quartiers sensibles suivis par la DCRG, plus de 300 présentent des signes de repli communautaire plus ou moins prononcés. Répartis sur
l’ensemble du territoire, ils représentent environ 1,8 million d’habitants ».
Dans une note de service destinée au ministre de l’Intérieur, l’expression « repli communautaire » est évidemment un euphémisme. Il faut entendre par là des quartiers où la polygamie est couramment pratiquée, où le port de vêtements orientaux est la règle, où les seuls lieux de culte sont musulmans, desservis par des imams non francophones, où les écoles comportent toutes des classes réservées à des enfants ne parlant pas le français. Et où les populations d’origine française ont totalement disparu…
Plus de la moitié des 450 milliards d’euros évoqués par Jean-Louis Borloo lui-même sont consommés par des populations d’origine immigrée, en situation régulière ou irrégulière. Et cela en application de toutes sortes de lois qui se sont accumulées au fil des années et dont on peut prendre connaissance en consultant le petit opuscule fort pratique que vient d’éditer MB Formation sous le titre « Le droit des étrangers ». Il suffit d’être demandeur du statut de réfugié pour bénéficier de la CMU. La loi du 27 juillet 1999 ouvre l’Aide médicale d’État aux étrangers en situation irrégulière. S’il est en situation régulière, un étranger bénéficie de toutes les prestations familiales. S’il est en situation irrégulière, il ne bénéficiera que de certaines prestations : aide sociale à l’enfance, accès aux centres de protection maternelle infantile ainsi qu’aux centres de plannings familiaux (sic). Une circulaire du 20 mars 2002 a rappelé que l’irrégularité du séjour des enfants ou des parents ne pouvait faire obstacle au droit à la scolarisation d’un enfant étranger...
La France se ghettoïse. Le phénomène s’accélère. Exactement comme le dit Jean-Marie Le Pen depuis vingt ans…

Christophe Daadouch
Le droit des étrangers
Édition à jour de la loi du 26 novembre 2003
MB Diffusion
94 pages - 11 euros
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