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Eric Woerth dans l’œil du cyclone


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Rouxel Jean - mercredi 30 juin 2010

fiscalite, retraites
Le ministre du Travail, Éric Woerth, actuellement en charge de l’explosif dossier de la réforme des retraites, se trouve en même temps dans l’œil du cyclone médiatique.

Sa femme Florence a en effet été employée par Clymène, société chargée de valoriser les dividendes du groupe L’Oréal touchés Liliane Bettencourt. Or, cette société est suspectée d’avoir organisé une évasion fiscale au profit de Mme Bettencourt.
Cette affaire appelle plusieurs commentaires.

Tout d’abord, elle a commencé de façon sordide par un procès entre Liliane Bettencourt et sa fille, qui l’accuse de dilapider la fortune familiale (elle aurait donné à un certain François-Marie Banier la bagatelle d’un milliard d’euros sur les 27 ou 28 milliards qu’elle possède).
La mise sur la place publique de ce genre de querelles familiales n’est déjà pas très ragoûtante. Est-il besoin d’ajouter que les rumeurs graveleuses sur les relations de ce Banier avec la famille Bettencourt ne rendent pas l’affaire beaucoup plus digeste ?

Deuxième remarque : la chronologie des « révélations » concernant la femme d’Éric Woerth est parfaite (trop parfaite ?) : en pleine réforme des retraites et à un moment où les rumeurs voyaient en Woerth un potentiel « premier ministrable »…
Il est assez fascinant de voir avec quel ensemble la presse évoque l’affaire et renchérit. Pour ceux qui ont quelques doutes sur l’indépendance de cette presse (voir la chronique de G. de Thieulloy en p. 8), il y a là un bon sujet de réflexion !

Troisième remarque : la presse confond allègrement fraude fiscale, évasion fiscale et optimisation fiscale. Et ces amalgames sont délétères. Notamment par­ce qu’ils désignent à la vindicte ceux qui permettent le développement de notre économie.

Quatrième remarque : les révélations de la presse signifient qu’Éric Woerth ne pouvait rien ignorer du dossier Bettencourt (et il est assez peu vraisemblable qu’il ait « oublié » de faire le lien avec la profession de son épouse !). Le dossier Banier figurait en effet parmi les 3 000 dossiers frauduleusement obtenus par son ministère (le Budget à l’époque). Woerth se trouve ainsi dans le rôle de l’arroseur arrosé !

J’ignore évidemment jusqu’à quel point le ministre a été simplement imprudent. Ce que je sais, en revanche, c’est que cette fin de régime sent mauvais. Les politiques ne sont certainement pas « tous pourris », mais quand les « chevaliers blancs » de la lutte contre la « fraude » se trouvent mêlés à de telles affaires, qui trouvera grâce aux yeux de l’opinion publique ?

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