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Errol Flynn et l’esclavage des blancs


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Bonnal Nicolas - vendredi 23 septembre 2011

islam, cinema
Capitaine Blood et Le Faucon des mers : deux des plus grands films de mer jamais réalisés ont eu Errol Flynn comme héros ; ils ont été réalisés par le crack Michael Curtiz, le hongrois d’Hollywood, véritable génie à tout faire de l’âge d’or du cinéma. Un autre film de Curtiz, La Piste de Santa Fe, est un hymne au politiquement incorrect (les anti-esclavagistes comme terroristes !) qui m’intéresse aujourd’hui. Curtiz est avec Walsh le plus grand génie polyvalent du cinéma américain. Il est l’homme du mouvement et des libertés et son Casablanca est un hymne d’amour et d’humour à la France éternelle.

Car les deux chefs d’œuvre de Flynn et Curtiz, également inspirés par le grand écrivain d’aventures Raphael Sabatini, abordent une question éminemment épineuse, celle de l’esclavage des blancs, question qui est restée scandaleusement ignorée des médias et de l’histoire universitaire bien-pensante qui, depuis qu’elle existe, n’a jamais su comment se faire bien voir des puissants du moment. Il n’est que de voir ce qui est arrivé au pauvre Sylvain Gouguenheim lorsqu’il a émis l’hypothèse que le moyen âge philosophe n’était peut-être pas l’héritier que du monde arabo-musulman…

Il faut d’ailleurs rappeler aux profiteurs de l’esclavage africain que le mot anglais slave vient de la race slave qui a fourni de gros contingents d’esclaves durant des siècles ; la volonté d’Hitler de réduire en esclavage les peuples d’Europe de l’est au moment de son invasion aura rafraîchi la mémoire des plus bornés. Il prenait d’ailleurs exemple sur les Britanniques ; le führer rêvait d’une Ukraine et d’une Crimée dominées par les Allemands inspirés par le modèle british aux Indes… Même le nazi belge Degrelle trouve sur le front de l’est qu’Hitler exagère : il ne voit que des belles blondes et des circassiennes en arrivant dans les villes ukrainiennes, elles-mêmes désireuses au début d’échapper à l’horreur stalinienne.

Esclave des Blancs. L’universitaire américain Robert Davis, spécialiste du monde méditerranéen aux temps modernes, évoque le douloureux épisode de la tyrannie maritime des barbaresques et des pirates maghrébins au XVIème siècle. Il parle d’un million d’esclaves blancs et chrétiens, dont Cervantès, faits prisonniers dans leurs villages côtiers (on ne construisait pas sur les crêtes pour profiter de la vue, mais pour fuir l’esclavage !) aux XVIe et XVIIe siècles ! Ce phénomène a eu des effets désastreux sur le développement démographique et économique de la Méditerranée septentrionale à cette époque. Il est soigneusement occulté alors que l’on ne cesse de nous rebattre les oreilles sur les méfaits de la colonisation voulue en France par les forces politiques de gauche.

Esclavage des Blancs dans les îles. Errol Flynn joue le rôle d’un médecin, le futur capitaine Blood, qui est injustement condamné sous le règne du roi esclavagiste Charles II. Il devient galérien, puis esclave dans les colonies des West Indies. Il est entouré de compagnons blancs qui le suivront dans la piraterie. On parle de plus de cent mille esclaves blancs à cette époque, en Amérique du Nord, comme dans les Caraïbes, à partir notamment du Walthm Act de 1723. L’historien américain Michael Hoffmann parle d’un euphémisme à cet égard, « indentured servitude », pour ces pauvres gens dont les enfants aussi devenaient des esclaves.

Esclavage des blancs et des enfants. C’est ainsi que l’on a peuplé l’Australie. L’esclavage en Grande-Bretagne a eu la vie dure, surtout celui des enfants, qui étaient capturés et condamnés à mourir de l’autre côté de l’Atlantique ou dans les cales du bateau. L’horrible traitement des Irlandais – et Blood est irlandais, d’ailleurs – a aussi alimenté cet esclavage durant des siècles. On ne reviendra pas sur les conditions horribles de la révolution industrielle en Grande-Bretagne, où les ouvriers blancs vivaient tous plus mal que les esclaves noirs du vieux Sud. Et on insistera comme Hoffman sur le travail des enfants blancs jusque dans les années…1920 ; voir les films de Griffith, de Chaplin ou celui du récent primé Terrence Malick, Les Moissons du ciel. Le cinéma ment moins que les livres d’histoire, je le dis en tant que spécialiste des deux. Au lieu de Dumas, souvent inepte, fatigant et même fumiste, on ferait d’ailleurs mieux de relire Sabatini.

Evidemment, tout cela échappait aux bonnes âmes de l’époque. Dickens parlait alors de philanthropie stéréoscopique. On pleurniche pour le lointain, et on oublie d’aimer son prochain. C’est de bonne guerre et la guerre contre la vérité n’est pas terminée…

Nicolas Bonnal

PS : on peut écouter sur Youtube l’exceptionnelle émission que Serge de Beketch, dont nous pleurons les quatre ans de la disparition, a consacré à ce terrifiant sujet.


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