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Esquisse d’un programme de droite pour 2012


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Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 25 mai 2011

2012
Et si nous quittions un instant l’affaire Strauss-Kahn pour constater que les maux dont souffre la société française n’ont pas disparu comme par en­chantement, à la faveur d’un fait divers sordide !

Tous les commentateurs partent au­jourd’hui de l’hypothèse que le vainqueur de 2012 sera un vainqueur par défaut. Que la gauche gagnera par rejet de Sarkozy ; que Sarkozy gagnera grâce à la nullité du candidat de gauche ; et que Marine Le Pen rend service à tout le monde puisqu’elle est un merveilleux « épouvantail » forçant les électeurs à voter pour le mieux placé de ses concurrents !

Tout cela, même si je le présente de manière caricaturale, n’est pas faux. Le vieux slogan électoral : « Au premier tour, on choisit ; au second, on élimine » n’est même plus vrai. Désormais, les électeurs, dans leur grande majorité, éliminent dès le premier tour. On n’adhère plus au PS ou à l’UMP ; on déteste la droite ou on craint les ravages du socialo-communisme… Mais ce n’est pas une fatalité.

Pour la droite, puisque c’est elle qui nous intéresse ici, on pourrait parfaitement envisager que le candidat gagne, non pas seulement parce qu’il nous préserverait de 5 ans de socialisme dont nous n’avons plus les moyens, mais aussi parce que son programme est bon ! Cela supposerait au moins trois choses :

1) Que le programme soit un vrai programme politique et non un catalogue de la Redoute, dans lequel on trouve 200 mesures plus ou moins contradictoires et clientélistes ;
2) Que le programme soit un programme de véritable rupture avec l’esprit délétère qui souffle sur la France depuis 68, et plus encore depuis 1981 ;
3) Que le programme soit un programme d’union des droites.

Sur ce dernier point, cela nécessite de tenir compte du fait qu’il existe au moins trois droites françaises, numériquement très différentes, mais toutes idéologiquement décisives pour emporter l’élection : la droite libérale, la droite morale et la droite nationale.

Pour répondre aux attentes de la droite libérale, il est impératif de prendre des mesures économiques fortes : diminuer les charges pesant sur les investissements ; diminuer le poids de la sphère publique ; diminuer les contraintes administratives pesant sur les entreprises.

Pour répondre aux attentes de la droite morale, il convient de prendre des engagements fermes et précis sur la famille. Ce qui n’implique pas nécessairement d’ouvrir les vannes financières. Mais ce qui implique de rappeler que, pour la survie de la société, et donc pour l’État, on ne peut pas mettre sur le même plan la famille « normale » (un père, une mère et des enfants) et toutes les autres formes de « familles ». En conséquence, il n’y a rien d’attentatoire aux droits de l’homme à réserver la politique familiale aux familles « normales »…

Enfin, pour répondre aux attentes de la droite nationale, il faut s’attaquer aux graves questions de l’immigration et de l’intégration. Cela implique d’en finir avec l’esprit de repentance. Cela implique aussi d’en finir avec les pompes aspirantes d’une immigration d’assistanat, en particulier les prestations sociales ouvertes sans distinction de citoyenneté.

Une dizaine ou une quinzaine de mesures concrètes et chiffrables, prises dans ces trois grands secteurs, suffiraient amplement.
Il faudrait ensuite qu’elles soient mises en application dans les 3 mois suivant l’arrivée au pouvoir de l’équipe gouvernementale.
Dans ces conditions, les Français pourraient retrouver confiance dans leur classe politique.

Je n’ignore évidemment pas que l’homme qui acceptera de porter un tel projet sera la cible des médias, très largement acquis aux idéaux soixante-huitards.

Mais je sais aussi qu’il est désormais possible de s’adresser aux citoyens directement, sans passer par le prisme déformant des médias et des oligarchies.

La vraie difficulté consiste à trouver le personnage capable de mener campagne, en relation directe avec les Français, sur ces thèmes. Nous connaissons en effet des hommes de conviction. Nous connaissons aussi des hommes politiques talentueux, capables de séduire les électeurs et de mobiliser la machine électorale qu’est un grand parti. Mais la réunion des deux critères est rarissime.

Et, faute de « l’homme providentiel », je ne vois guère qu’une solution : que les électeurs de droite exigent ce programme des candidats qui brigueront leurs suffrages… y compris en refusant de soutenir ceux qui ne prendront pas en compte leur point de vue.

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