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Est-ce la fin du Hamas ?


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Lance Pierre - mercredi 07 janvier 2009

israel
L’armée israélienne vient donc de pénétrer dans la bande de Gaza, comme chacun pouvait s’y attendre depuis le début de ses bombardements sur le territoire dont le Hamas avait pris le contrôle de vive force contre l’autorité palestinienne.

Au moment où j’écris ces lignes (4 janvier, minuit), il semble évident que l’État d’Israël veut en finir avec le Hamas et ne plus tolérer sa présence agressive sur sa frontière. Israël veut-il réoccuper Gaza, ou simplement favoriser la reprise en main du territoire par l’autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ? Il est trop tôt pour le dire, mais je penche pour la seconde hypothèse.

L’« offensive défensive », pour reprendre à peu près la formule du Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, (la Tchéquie étant pour six mois à la présidence de l’Union européenne), me semble bien décrire la réalité. Un concert de protestations pas tout à fait unanime s’est élevé afin d’exiger un cessez-le-feu. On oublie que le précédent cessez-le-feu a été annulé par le Hamas lui-même, qui a rompu la trêve par ses tirs de roquettes lancées contre les populations civiles israéliennes.

On s’indigne de ce que la riposte a été disproportionnée à l’agression. Comme si une riposte militaire pouvait se comparer à celle d’un quidam agressé par un voyou
. Dans ce dernier cas de légitime défense individuelle, la riposte doit être effectivement proportionnée, puisqu’il s’agit d’un acte ponctuel mettant deux individus aux prises. Mais il est totalement absurde de prétendre appliquer cette proportionnalité à la riposte d’un État dont la population est agressée par une organisation terroriste, car, dans ce cas, après avoir fait preuve de patience et de bonne volonté négociatrice sans autre résultat que des trêves éphémères, l’État menacé n’a pas d’autre ressource que de mettre son armée en action, non pas pour de petites actions punitives « proportionnées » qui ne pourraient rien résoudre, mais pour une action d’envergure ayant pour objectif de détruire l’ennemi, si possible définitivement.

Le but de la guerre : détruire l’ennemi

Car il s’agit d’une guerre, et n’importe quel écolier saura vous dire que dans toute l’histoire humaine, fort peu de guerres ont pu se terminer autrement que par la défaite complète de l’un des deux belligérants.
Pour bien comprendre l’état d’esprit de la population israélienne, qui fait bloc majoritairement derrière son armée, il suffit d’imaginer ce type de conflit transposé à nos portes.

Imaginons, par exemple, que la querelle linguistique et culturelle de nos voisins belges vienne à s’envenimer au point d’une rupture dramatique (Que Toutatis nous en préserve !), que des groupements extrémistes flamands tombent dans le terrorisme, pourchassent les Gallons (Wallons dans la prononciation germanique), que ceux-ci refluent en France, puis s’organisent pour résister et que leurs ennemis lancent des roquettes au petit bonheur par-dessus la frontière, faisant des victimes civiles belges ou françaises dans les cités de Lille, Roubaix, Valenciennes ou Maubeuge.

Que ferait dans une telle occurrence le gouvernement de la France, s’il ne parvenait pas à obtenir que les terroristes cessent leurs tirs de harcèlement ? Eh bien, il enverrait ses avions et ses blindés en Belgique avec mission d’aplatir les groupes terroristes aussi complètement que possible, et ce avec la bénédiction de l’immense majorité des Français. Je crois que même un gouvernement de gauche ne pourrait que faire cela, avec à sa tête une Martine Aubry soudain transformée en Jeanne d’Arc lilloise.

On me dira que cette situation fictive a peu de points communs avec le processus historique ayant conduit à la situation palestinienne. Sans doute, mais peu importe, car il suffit que des populations civiles soient obligées de vivre constamment dans la crainte d’engins de mort tombant du ciel au hasard pour qu’elles exigent de leur gouvernement qu’il fasse cesser cela coûte que coûte. Si une roquette transperce votre maison et manque de tuer vos enfants, vous ne vous préoccuperez certainement pas du « processus historique » ayant abouti à cela. Et vous balayerez d’un revers de main les torts et les raisons des uns et des autres. L’homme vit dans le présent et non pas dans l’Histoire, même s’il en subit le poids.

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