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État des lieux à la veille des Européennes


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Rouxel Jean - mardi 12 mai 2009

europe
L’UMP a enfin annoncé, le 7 mai, ses listes pour les élections européennes du 7 juin prochain. La campagne va donc durer moins d’un mois. C’est peu pour évoquer tant de sujets fondamentaux pour notre avenir. De l’adhésion de la Turquie, au protectionnisme européen, en passant par la création d’une défense européenne indépendante ou intégrée dans l’OTAN, ou encore le rôle de l’UE dans la propagande en faveur des prétendus « droits des minorités »…

L’UE occupe une place centrale dans notre vie, mais, curieusement, personne n’en parle ! En attendant donc – sans grand espoir ! – que la campagne aborde l’un ou l’autre de ces sujets, revenons sur la réalité politique à la veille de ces élections.

Officiellement, les listes UMP sont en fait des listes « majorité présidentielle » – avec la dimension d’ouverture à gauche de cette majorité présidentielle. Le Nouveau Centre d’Hervé Morin a ainsi obtenu 3 sièges éligibles ; la Gauche moderne de Jean- Marie Bockel a obtenu deux places, joliment qualifiées de « charnières » (ce qui veut dire, en bon français, non éligibles, sauf agréable surprise !), dont l’une pour l’épouse de l’écrivain mitterrandien devenu sarkozyste, Max Gallo (cette place-charnière a de sérieuses chances de devenir une place éligible).

Le problème, pour les listes UMP, réside naturellement dans le traitement réservé à la droite : le FRS de Christine Boutin, le CNI d’Annick du Roscoät, n’obtiennent aucune place éligible. La majorité présidentielle, c’est l’UMP et sa gauche.

Cette constatation aurait dû permettre à la droite « souverainiste » de remporter une bonne partie de la mise électorale. Mais il y a fort à parier qu’il n’en sera rien. Pour une raison bien simple : cette droite n’est pas unie. Nous devrions avoir 4 ou 5 listes à la droite de l’UMP dans la plupart des circonscriptions. Ces listes ayant en gros à se partager un électorat de 15 %, il est vraisemblable que très peu d’élus sortiront de cette droite hors UMP. Et que l’on en tirera la conclusion qu’il n’y a plus rien à la droite de l’UMP – conclusion, à mon avis, très prématurée…

L’UMP devrait donc avoir plus d’élus qu’en 2004. Le PS, quant à lui, devrait garder ses élus. Trois listes seront particulièrement à regarder pour l’avenir : les listes anticapitalistes de Besancenot, la liste de Marine Le Pen (dont nous verrons ainsi si elle peut ou non succéder à son père en gagnant sur son nom une élection dans un contexte difficile pour le FN) et les listes de François Bayrou (qui pourrait remplacer le PS dans le rôle de principal opposant)…

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