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Étato-socialisme et anti-américanisme


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Dumait Alain - samedi 03 janvier 2004


Au plan international, l’année 2003 a incontestablement été dominée par la guerre en Irak. Celle-ci s’inscrivait dans un contexte issu des attentats du 11 septembre 2001, faisant apparaître, sous une lumière crue, les risques résultant de la dissémination d’armes non conventionnelles de destruction massive, et à la fois de l’existence de groupes terroristes islamistes importants, fanatisés et bien organisés.

L’administration de George Bush fut amenée à procéder alors à une révision déchirante de sa politique extérieure, passant d’une forte tentation isolationniste, propre aux conservateurs américains, à une nouvelle forme d’interventionnisme ayant pour objectifs la défense et la survie des États-Unis.

Une sorte de croisade se mit sur pied dont l’ennemi désigné par le Président américain sous le vocable « Axe du mal », incluait non seulement des dictatures arrogantes du Moyen-Orient, mais aussi d’autres États-voyous… Tous les pays du monde furent invités par les États-Unis à s’y joindre.

Officiellement, la lutte contre le terrorisme fit la quasi-unanimité. Seuls des dictateurs type Fidel Castro, refusèrent catégoriquement de s’engager dans cette voie. Mais rapidement, quelques mois seulement après l’effondrement des Twin Towers, les premières dissensions se firent entendre notamment en Europe. Selon ces critiques, il fallait certes lutter contre le terrorisme, mais sans rien dire de blessant à l’égard de l’Islam, et sans toucher non plus au sacro-saint principe de la souveraineté des États, qui aboutit de fait à la protection des dictatures…

Il reviendra aux historiens de dire ce que furent les motifs exacts et précis qui amenèrent George Bush, dès la fin de l’année 2002, à prendre la décision de frapper l’Irak pour déloger de Bagdad un tyran. Mais, sans attendre, on peut noter que c’est à partir de ce moment-là que le gouvernement français crut bon de prendre ses distances avec l’Amérique, signifiant par là qu’elle quittait la mobilisation anti-terroriste, prétendant même prendre la tête d’une coalition anti-américaine. Cela se traduisit, début 2003, par une incroyable tournée de notre ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin faisant, sous les projecteurs des caméras de télévision, le tour des capitales des pays d’Afrique alors membres du Conseil de Sécurité, pour tenter de les convaincre de voter contre les États-Unis. Ces images-là ne sont pas prêtes d’être oubliées par nos « amis » américains ! Et c’est toujours sous le signe d’un anti-américanisme virulent de ce côté-ci de l’Atlantique que s’ouvre l’année 2004.

Dans ces colonnes, même avec des appréciations diverses, nous dénonçons unanimement cet anti-américanisme qui nous éloigne de nos amis naturels au nom de considérations qui ne sont qu’au mieux des illusions, et plus certainement des erreurs.

Bien qu’appartenant indubitablement par son histoire à l’Occident chrétien, aujourd’hui dominé qu’on le veuille ou non par les États-Unis, notre pays est depuis longtemps gouverné par une pseudo-élite imprégnée de marxisme et de tiers-mondisme. Notre classe politico-administrative, qui n’a jamais fait de la réussite une valeur, a toujours eu des faiblesses coupables pour tous les régimes politiques non démocratiques.

Cela s’est bien vu, par exemple, à l’occasion de la chute du mur de Berlin, en 1989, qui devait être suivie de peu par l’effondrement de l’Empire soviétique. François Mitterrand, qui n’avait pas beaucoup de convictions, mais qui avait de l’intuition et du jugement, ne parvint pas à se réjouir de cet événement. Il voulait encore mettre des conditions au déferlement de l’histoire… Mais il faut se souvenir qu’il était alors au diapason de l’immense majorité de notre classe dirigeante. La classe médiatique nous serinait que l’URSS sans les Soviets serait beaucoup plus inquiétante qu’avec. Seule une minorité d’observateurs, au nom des droits de l’homme (parmi lesquels Alain Madelin), surent prendre d’emblée l’exacte mesure de l’événement.

Socialistes, gaullistes, ou seulement étatistes, les apparatchiks français comprenaient bien qu’avec la disparition des démocraties populaires, ils se retrouvaient en première ligne avec un système de gouvernement devenu, après l’élimination des précédents, le plus collectivisé du monde. Certes, en termes de prélèvements obligatoires, quelques pays d’Europe du Nord vont encore plus loin que nous, mais ces pays-là sont aussi marqués par un consensus politique démocratique qui, chez nous, fait largement défaut. Le collectivisme qui caractérise le système français est en effet doté de trois composantes : le fiscalisme, la fonctionnarisation et la non-démocratie.

C’est ce modèle inefficace que nos dirigeants, toujours contents d’eux, prétendent défendre. Aussi bien ici qu’ailleurs. Car tout se tient : imagine-t-on qu’un gouvernement résolument libéral, défendant sans complexe le capitalisme et fier de son appartenance au monde supérieur de l’Occident, aurait osé défendre un dénommé Saddam Hussein ?


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