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États-Unis : vers un accord sur les finances publiques


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Rouxel Jean - mercredi 03 août 2011

dette, euro
Après la Grèce le 21 juillet, c’est au tour des États-Unis d’afficher leur soulagement : le 31 juillet, républicains et démocrates ont trouvé un accord pour permettre au pays d’éviter le défaut de paiement, en relevant le plafond de la dette de 2 100 milliards de dollars, comme le réclamaient les démocrates, mais sans hausse d’impôts, et avec des coupes budgétaires d’au moins 2 500 milliards de dollars sur 10 ans.

À première vue, malgré la différence de poids économique entre Grèce et États-Unis, ces deux accords sont assez similaires. Et tous les commentateurs, des médias jusqu’à notre ministre de l’Économie François Ba­roin, ont effectivement tracé un parallèle entre les deux.
De fait, il y a bien des similitudes : des États irresponsables et fraudeurs (l’État fédéral américain, comme la Banque centrale européenne, ont manipulé de façon éhontée les cours monétaires et les taux d’intérêt, soi-disant pour « soutenir la croissance ») s’aperçoivent – enfin ! – des limites de leur spoliation (voir l’article d’A. Dumait en p. 8).

Et cette prise de conscience a un double effet sur les marchés : elle les rassure, mais elle ne les convainc pas.
Cependant, les différences sont encore plus frappantes que les similitudes.

Tout d’abord, l’accord américain est un accord entre tendances politiques et non entre représentants de la « gouvernance économique mondiale ». Et, avant le vote du Congrès, il n’est pas certain que cet accord obtienne la majorité : les élus républicains proches des Tea parties veulent davantage de coupes budgétaires et contestent le principe même du relèvement du plafond de la dette, tandis que les plus socialisants des démocrates veulent « faire payer les riches ». Or, nous approchons des élections et les candidats sont bien plus surveillés aux États-Unis qu’en France…

Par ailleurs, il y a de solides raisons de penser que les coupes budgétaires seront réellement effectuées aux États-Unis, alors que personne ne croit que les pays de la zone euro vont honorer leurs engagements. En effet, les élus républicains ne vont certainement pas accepter d’être payés en bonnes paroles !

Ces différences entre États-Unis et Grèce ont une portée générale. Certes, tous les États ont une tendance naturelle à enfler démesurément. Mais, si vous êtes politiquement responsable de votre économie (ce qui n’est plus le cas des pays de la zone euro), vous pouvez réagir, et réagir efficacement. Ce qui devrait imposer pour la zone euro soit le choix du fédéralisme politique, soit le retour aux monnaies nationales !

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