Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Euro : il faudrait juger les responsables du désastre


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page
Article de la semaine

Voter pour cet article
120 VOTES
1426 LECTURES

Bonnal Nicolas - lundi 20 juin 2011

euro, allemagne
Ce que les hommes cherchent sur la terre : un maître devant qui s’incliner, un gardien de leur conscience et le moyen de s’unir finalement dans la concorde en une commune fourmilière, car le besoin de l’union universelle est le troisième et dernier tourment de la race humaine.

Dostoïevski, Le grand inquisiteur.

En 1989, l’Allemagne se réunifie et les autorités politiques décident pour se faire bien voir (pour se faire réélire !) que le mark est-allemand vaudra un mark allemand. La Buba et Tietmeyer montent alors les taux (l’étau) d’intérêt à un niveau invraisemblable, et la banque de France, avec des Trichet à sa tête, fait de même. Nous aurions pu nous découpler, et dire aux Allemands de Berlin l’enchanteur d’aller se faire voir ailleurs avec leur folle ambition, voir s’envoler leur monnaie (A vos marks, prêts, partez…) et leur vendre ainsi trois fois plus de voitures ou de presse-papiers, mais nous n’en avons pas eu le courage, et l’industrie française est morte vers 1993, et nous ne nous en sommes jamais remis. L’Europe des sous de Bruxelles est décidément trop chère. Nous étions déjà victimes de ce serpent monétaire, qui comme celui de Laocoon et de Virgile, allait cracher du feu et étrangler nos enfants.

Puis nous avons eu l’euro, et le prix de tout, y compris de l’immobilier, a doublé, triplé, quadruplé. J’ai vu le prix du billet de bus monter de 30% le premier jour de l’euro à Malaga. J’ai vu le prix du verre de vin passer de 1,20 euro (200 pesetas) à trois euros. J’ai vu le prix de la consultation médicale passer de 80 francs à 22 euros en France ; j’ai vu tant de choses… Mais l’euro, c’était l’éther promis, la terre de la grande promesse. Il ne fallait surtout pas y toucher, c’était une garantie contre l’inflation...

Combien nous aura-t-il coûté, entre les plans d’ajustement, les réformes structurelles, et aujourd’hui les plans de sauvetage à répétition ? La réunification allemande, budgétée à 100 milliards (de marks) en 1990 en aura finalement coûté 1700. On peut faire confiance à un politique ou à un économiste pour nous dire le prix des choses… Et quand on lui demande une explication, il nous répond dans le volapuk de Christine Lagarde ou de l’inspecteur des impôts, qui a remplacé celui des théologiens et des post-hégéliens de jadis…


Le domaine de l’irresponsabilité illimitée

L’euro va nous coûter au total dix mille milliards, et s’il disparaît sans que nous y soyons préparés (et nous ne sommes pas préparés, étant dirigés par des distraits), deux ou trois fois plus. Il nous restera à survivre comme en Union soviétique avec le lopin individuel (on en voit partout en ce moment, vous ne remarquez pas ?), avec le dvor, en espérant que les écolos bureaucrates de Berlin ou d’ailleurs ne nous empêcherons pas de cultiver des concombres…

Iront-ils nous interdire de manger pour notre bien ? Je crois que oui. Les laisserons-nous faire ? Je crois que oui aussi. La société occidentale est aujourd’hui le domaine de l’irresponsabilité illimitée. « Nous insistions, inconscients et aveuglés par notre folie », écrit toujours Virgile.

Il ne faut pas rembourser cette dette immonde. Il faudrait juger les responsables. Mais mes contemporains ne savent pas s’ils sont vivants, disait Soljenitsyne, et puis nous voulons aller au désastre, comme le remarque cyniquement le grand inquisiteur (le grand acquisiteur de Goldman ?). Mais tout de même nous devrions avoir depuis tout ce temps que l’Europe politique est une entité promise au désastre éternel : Charles-Quint a fini épuisé dans un monastère, Napoléon vaincu à Sainte-Hélène. Et nous avons jugé les nazis. Nous n’avons pas jugé les responsables du communisme, et ce fut un grand tort ; nous étions déjà dans la perspective du grand relativisme béat, celui du drogué ou de l’ivrogne, qui ne se rend pas compte qu’il est attaqué, qui ne souffre pas encore des coups que les banquiers et les politiciens gnostiques lui administrent ; mais qui va se réveiller bien salement demain.

Tout de même ; on aura bonne mine quand les Chinois à Paris et les ogres de Goldman Sachs (Draghi le bien-nommé à la tête de la BCE, c’est un pédophile à la tête d’un collège de garçonnets) viendront démonter pierre par pierre ce qui reste de l’Acropole ou du mont Saint-Michel pour se rembourser de notre intempérance. En attendant, faites comme les Grecs si bien assistés et donc pas si bêtes : sortez les capitaux de votre pays, pardon de votre Euroland…

« Et comme l’aube du jour se levait, les anges pressèrent Lot, disant : Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, de peur que tu ne périsses dans l’iniquitéde la ville. » Genèse, 19, 15.


11 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site