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Europe à 25 : la fête est finie !


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Trémeau Bernard - lundi 10 mai 2004


Ce 1er mai 2004 est une grande date dans l’histoire de notre pays. L’Europe libre, construite sur les ruines du nazisme, par la France et l’Allemagne, qui ont alors eu la volonté politique de cesser les guerres fratricides. Grand Merci à Adenauer et De Gaulle.
Grâce au bouclier américain, cette petite Europe libre n’est pas devenue une démocratie populaire, comme la Pologne, l’Allemagne de l’est ou l’Estonie. Le totalitarisme communiste s’est arrêté au mur de Berlin.
Puis en 1989, la dictature communiste implose en URSS. Les démocraties populaires retrouvent la liberté, mais conservent l’effroyable pauvreté que 50 ans de communisme avaient introduite en elles. Tous ces peuples libérés restent indépendants et pauvres. Ils essayent de se remettre au travail. Par contre l’Allemagne de l’est est réunifiée à l’Allemagne de l’ouest. Helmut Kohl, dans l’euphorie de la réunion, prend une décision économique très lourde de conséquences. Le mark allemand de l’est valait le tiers du mark ouest-allemand. Helmut Kohl a décidé que dorénavant il aurait la même valeur. Il a donc brutalement multiplié artificiellement par trois les revenus de tous les Allemands de l’est, alors que l’outil de travail dont ils disposaient les rendait trois fois moins productifs que les Allemands de l’ouest. Un fantastique transfert de capitaux de l’Allemagne de l’ouest à l’Allemagne de l’est a commencé. Il n’est pas encore achevé quinze ans plus tard et les énormes investissements réalisés en Allemagne de l’est n’ont pas encore rendu compétitifs ses habitants. Le chômage y atteint encore 20 %, tandis que le poids des impôts a stoppé le développement de l’Allemagne de l’ouest. Le chômage y voisine 10 %. La réunification de l’Allemagne a été une victoire politique, mais c’est un échec économique cuisant.
Aujourd’hui, 1er mai 2004, les anciennes démocraties populaires, devenues de vraies démocraties, s’unissent volontairement à l’Europe. C’est une fantastique victoire de la liberté sur le totalitarisme. Et, pour tout observateur de l’histoire européenne depuis un siècle, c’est presque incroyable. Mais attention. La fête finie, il reste les réalités.
Sur le plan des politiques de défense, des divergences fondamentales apparaissent entre la vieille et la nouvelle Europe. Actuellement l’Europe libre n’est plus menacée par le totalitarisme communiste, mais elle subit le totalitarisme islamique. Les peuples de la nouvelle Europe n’hésitent pas à s’allier aux Américains pour se protéger de ces nouveaux fous, alors que les peuples de la vieille Europe ne leur font pas confiance. Un accord est nécessaire.
Sur le plan social, une différence fondamentale existe entre ancienne et nouvelle Europe. Une politique de redistribution massive des revenus existe dans la vieille Europe, alors qu’elle est à peine ébauchée dans la nouvelle Europe. Cette politique de redistribution (prenant aux Français la moitié de leurs revenus) contraint l’État à prendre par les prélèvements obligatoires de l’argent aux ménages et aux entreprises. Quand un ménage n’a plus d’argent, il consomme moins, surtout quand le chômage pointe. Quand une entreprise n’a plus d’argent, elle investit moins. Sans consommation et sans investissement, plus de reprise possible : le chômage augmente. Tout un courant de pensée veut créer l’Europe Sociale, c’est-à-dire étendre aux pays de la jeune Europe toutes les contraintes qui paralysent la vieille Europe. Ce serait une grave erreur.
Sur le plan économique enfin, nos entreprises subissent des contraintes qui n’existent pas dans les pays de la nouvelle Europe. La différence de prix de revient est énorme. Ces contraintes poussent toutes les entreprises nationales à se délocaliser. Certains parlent déjà d’interdire toute délocalisation. Il semble qu’il serait plus judicieux d’interdire les contraintes qui nous poussent dans le chômage…

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