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Europe : le Titanic a heurté l’iceberg


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Milliere Guy - mardi 18 mai 2010


Quand l’euro a été lancé, je parlais de Titanic en route vers l’iceberg. Nous y sommes. Le Titanic a heurté l’iceberg. Le naufrage a commencé. L’orchestre continue à jouer sur le pont.
Ce qui se révèle, ce n’est pas la mauvaise gestion de la Grèce qui – ce doit être dit – ne pourra jamais rembourser l’argent qu’on lui prête. Ce qui se révèle n’est pas non plus la prochaine faillite de la Grèce. Non, ce qui se révèle, c’est que la faillite menace quasiment tous les pays de la zone euro et, au-delà, l’essentiel des pays de l’Union européenne.

La cause de la faillite qui vient est simple à énoncer : les pays de l’Union européenne, à deux ou trois exceptions près, dépensent, depuis trop d’années, beaucoup plus d’argent qu’ils n’en encaissent.

Il n’y a pas d’issue dans l’augmentation des impôts et des taxes. Au contraire, les impôts et les taxes sont déjà si lourds dans la plupart des pays d’Europe qu’ils asphyxient la croissance et l’esprit d’entreprise et qu’ils multiplient les pau­vres et les chômeurs.
Il n’y a pas d’issue dans les emprunts et l’endettement. Présenter plusieurs centaines de milliards d’euros de dettes supplémentaires comme une mesure de redressement est grotesque et fait penser aux saignées des médecins du temps de Molière, qui permettaient au malade de mourir « guéri ».

La finance planétaire vient de signaler que les dettes de divers États européens ne lui paraissaient pas saines du tout
, et lui semblaient bien plus toxiques encore que les produits financiers incluant des prêts « subprime » à l’automne 2008.

Il ne pourrait y avoir d’issue ni dans la dissolution de l’euro, ni dans un gouvernement technocratique fédéral, mais dans des diminutions drastiques des dépenses des États. Les gouvernements européens concernés ont continué à emprunter ces dernières années pour ne pas avoir à dire la vérité. Ils ne veulent toujours pas dire la vérité.

Les populations, à qui on n’a pas appris les règles élémentaires de l’économie, et qui sont dans des systèmes totalement détraqués, se crispent sur la défense d’« avantages acquis » destinés à fondre très vite.

Je ne vois pas d’issue immédiate. Les dépôts de bilan sont des moments douloureux et chaotiques. L’Europe n’est plus, depuis longtemps, au centre dynamique du monde. Une recomposition planétaire est en cours.

Bien au-delà de l’euro, l’Europe meurt d’Etats-providence pléthoriques, d’incitations perverties, de poisons disséminés de tous côtés.
Couper dans les assistances alors qu’on a multiplié les pau­vres ne pourrait se concevoir que si, en parallèle, se recréaient des incitations à entreprendre et à investir, mais le discours am­biant diabolise l’entreprise et l’investissement, et dit qu’il faut faire « payer les riches ».

Tailler dans les dépenses serait envisageable si des structures de gaspillage n’étaient pas en place dont dépend la subsistance de millions de gens qui, sans cela, seraient au chômage, et ne pourraient trouver un emploi productif, car le système éducatif fabrique des inadaptés au capitalisme global.

Mon dernier livre, « La septième dimension », explique ce qui survient. J’y ai placé un chapitre sur la mort lente de l’Europe où j’expose les relations de cause à effet qui opèrent sous nos yeux aujourd’hui. J’y ai placé un autre chapitre sur la souveraineté de la finance et c’est la finance souveraine qui vient de dire au Titanic européen qu’il avait heurté l’iceberg.

Des joueurs de flûte fustigent les « spéculateurs », mais, lorsqu’on a la fièvre, casser le thermomètre et chasser le médecin ne change rien au fait qu’on a la fièvre.

Un homme d’État tiendrait un discours churchillien. Il n’y en a pas un seul en Europe aujourd’hui. Angela Merkel est ce qui se fait de moins pire. Les États-Unis sont gouvernés par un imposteur. Nous vivons une époque effro­yable. Je préfère regarder le lointain : dans le moyen terme, l’avenir sera fécond. Pour l’heure, en Europe, c’est la stérilité et le naufrage.

Les gouvernants européens devraient demander conseil à Bernard Madoff. C’était un escroc, mais il savait, lui, qu’il était un escroc, et il savait pratiquer la cavalerie financière mieux que tous les dirigeants européens. Qu’on le nomme d’urgence conseiller de l’U­nion ! 

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En bref
PACS
En 2008, 146 084 nouveaux Pactes civils de solidarité ont été signés (contre 273 500 mariages), ce qui a fait franchir la barre du million au nombre de Français pacsés : 1 062 230 à la fin 2008. Alors que le Pacs avait été relativement lent à s’installer (385 000 pacs signés en­tre 1999 et 2005), le nombre a fortement augmenté lors­que le régime fiscal du pacs a été aligné sur celui du mariage (en 2008, on comptait environ deux mariages pour un pacs, alors qu’en 2003, on comptait environ neuf mariages pour un pacs…). Environ 94 % des pacs signés en 2008 concernaient des couples hétérosexuels et le taux de dissolution a été, cette année-là, de 13 %.

Chiffres significatifs
Palestine > D’après les chiffres de l’Autorité palestinienne, depuis 1967, un tiers de la population palestinienne masculine adulte a connu les prisons israéliennes.

Illégal > On estime qu’un million de Français jouent occasionnellement sur l’un des 25 000 sites de paris en ligne illégaux (dont environ 6 000 en langue française).

retraite > Alors que la France compte environ 15 millions de retraités de droit direct, depuis 2006, quelque 500 000 nouveaux retraités accroissent chaque année ce nombre…

Vente en ligne > On estime qu’il se crée actuellement 2 sites marchands par heure en France…

Mariages forcés > Dans le monde, autour d’un million de jeunes filles de moins de 15 ans sont mariées chaque année (soit 3 500 par jour) ! Le record est atteint par le Bangladesh, pays où la moitié des unions contractées concernent des jeunes filles de moins de 15 ans…




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