Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Europe : le fossé se creuse entre élites et citoyens…


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
1 VOTES
710 LECTURES

Rouxel Jean - dimanche 13 mars 2005


L’UMP réunissait ses cadres, dimanche 6 mars, à Paris, notamment pour voter une motion sur la Constitution européenne.
La motion fut adoptée à 91 % des voix. Ce qui permet aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy d’affirmer que l’UMP est le plus européen de tous les partis – visant, particulièrement, la courte majorité du « oui » lors du référendum interne au Parti socialiste.
Ce que ces collaborateurs omettent de dire, c’est que ce résultat fut obtenu par un vote des cadres. Je doute qu’un référendum interne sur les militants du parti majoritaire eût donné un tel score de maréchal à la motion de Nicolas Sarkozy. Il semble raisonnable, au contraire, d’estimer qu’un tiers environ des militants UMP voteront « non » à la Constitution européenne.
À l’inverse, un sondage parmi les cadres du PS aurait sûrement donné un score bien plus large au « oui » que ne le permit le référendum interne sur l’ensemble des militants.
C’est bien là que le bât blesse. Au-delà des grands discours sur la démocratie participative et sur l’égalité citoyenne, nous sommes bien forcés de constater que le fossé entre les élites politiques, économiques ou médiatiques du pays et les habitants se creuse.
C’est certes une trivialité de le dire, mais cela remet un peu en perspective les scores pharaoniques de la motion Sarkozy.
Ce ne sont pas 91 % des électeurs de la majorité qui ont soutenu le « oui » à la Constitution européenne ; ce ne sont que 91 % des cadres qui ne les représentent qu’à certains égards – et certainement pas du point de vue électoral !
Hormis le danger que recèle cette illusion, doublée d’un écart grandissant entre les cadres et les électeurs, ces 91 % présentent un risque de confusion.
En effet, les 9 % restants, et notamment Nicolas Dupont-Aignan, chef de file du « souverainisme » au sein de l’UMP, ont annoncé leur intention de faire campagne pour le « non », y compris en tenant des meetings communs avec la gauche – le plus petit dénominateur commun de ces meetings ne pouvant d’ailleurs être qu’un « non » à une « Europe libérale » « liquidant » nos « acquis sociaux »…
Cette stratégie de dépassement du clivage droite-gauche ne peut qu’accroître encore le fossé entre les Français et leurs « représentants », puisqu’elle ne peut qu’accréditer la thèse du « Tous les mêmes » – pouvant très facilement se décliner en « Tous pourris », comme nous le rappelaient récemment les commentaires sur l’affaire Gaymard…


6 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site