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Face à la crise, Sarkozy défend l’euro


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Trémeau Bernard - mardi 10 février 2009

euro, economie-francaise
Nous avons eu droit cette semaine à deux interventions, très importantes pour l’avenir de la France. Les 1 000 mesures de François Fillon et la crise selon Nicolas Sarkozy. Notre Premier ministre, puis notre Président, nous ont dit ce qu’ils pensaient faire pour sortir le pays de l’ornière.
Nicolas Sarkozy maintient le cap de l’aide aux banques et de la relance par les investissements, tout en se méfiant de la relance par l’augmentation de la demande, dangereuse pour le pays car inflationniste. Il a totalement raison d’agir ainsi et de consacrer beaucoup de temps pour l’expliquer aux Français.

Aider les banques aujourd’hui, c’est leur permettre de prêter de l’argent à ceux qui ont besoin d’investir
. Et c’est en investissant qu’on produit plus, qu’on produit mieux, qu’on augmente le pouvoir d’achat et le niveau de vie. Une augmentation de salaires ne correspondant pas à une augmentation de la production ne produit que de l’inflation. Bravo ! Mais il a aussi raison d’accorder des avantages financiers aux plus défavorisés, qu’ils puissent passer le cap.

Nicolas Sarkozy a très peu parlé de l’euro, en n’en donnant que l’aspect positif. Il a souligné que pour le futur, il était nécessaire d’harmoniser les législations. Encore bravo ! Mais on a l’impression qu’il désire pousser les pays européens à faire monter leurs impôts au niveau français, alors que la bonne solution est au contraire d’abaisser les impôts français au niveau européen…

Mais Nicolas Sarkozy a « royalement » oublié l’énorme aspect négatif actuel de l’euro. Les Français, du fait de leurs syndicats en particulier, ont un comportement bien plus inflationniste que les Allemands. Les coûts de production augmentent donc plus rapidement en France qu’en Allemagne : les produits allemands sont de moins en moins coûteux que les produits français. Nos entreprises perdent leurs clients. Elles n’ont plus d’argent pour payer correctement leurs salariés, pour payer leurs actionnaires, pour investir. Elles mettent au chômage technique, elles fuient la France.

Il est donc urgent de « dévaluer », car, depuis trois mois, les spéculateurs vendent massivement les bons du trésor français pour acheter des bons allemands, et surtout des bons américains depuis deux mois.

Les spéculateurs misent ainsi sur l’éclatement de la zone euro dans un avenir très proche, avec un retour aux anciennes monnaies. Le marché déterminerait alors la valeur relative de chaque monnaie, ce qui permettrait aux entreprises françaises de redevenir compétitives. Dans un deuxième temps, un retour à l’euro serait possible, pour en retrouver ses avantages.

Or, il est possible d’éviter cet effroyable tsunami que serait le retour aux anciennes monnaies
, et de conserver l’euro et ses avantages bien réels. En effet, une parité fixe (6,559507) lie depuis le 31 décembre 1998 l’ancien franc à l’euro. Une belle nuit, les ministres des Finances de la zone euro peuvent se réunir et décider de donner au franc une nouvelle parité, 8 % par exemple, le mark conservant sa parité. Les Français se réveilleraient le lendemain avec une « dévaluation. »

Les billets de banque en euro gardés dans leur portefeuille auraient conservé la totalité de leur valeur. Ils pourraient aller en Allemagne acheter leur essence au même prix qu’avant.
Mais tout l’argent qu’ils possèdent sur leur compte bancaire, sur leur compte de chèques postaux ou à la Caisse d’épargne, aurait dévalué par rapport au mark. Ils paieraient plus cher avec leurs chèques ou leur carte de crédit tout ce qui est importé, une Volkswagen ou une chemise chinoise. Ils achèteront donc plus volontiers une Peugeot ou une chemise fabriquées en France.

C’est en pratique une « dévaluation » qui laisse en dehors d’elle uniquement les billets et les pièces de monnaie. Et ces billets ne représentent qu’un petit pourcentage de la masse monétaire M3.
Depuis trois mois, la banque de France est intervenue à plusieurs reprises en rachetant des bons du trésor français. Le déficit de la balance commerciale crève les yeux. Les médias et Nicolas Sarkozy sont nécessairement au courant de ce très grave problème, qui écrase la France. Pourquoi n’en ont-ils pas dit un seul mot ?

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En bref
Budget
Le déficit de l’État pour 2008 s’est finalement élevé à 56,2 milliards d’euros, soit 14,5 milliards de plus que ce que prévoyait le budget initial !

Chiffres significatifs
Musique > Le marché de la musique enregistrée diminue constamment en France. Alors qu’il était de 1,1 milliard d’euros en 2003, il n’était plus que de 600 millions en 2008. En revanche, la part du numérique ne cesse d’y augmenter : les ventes numériques ne représentaient que 0,6 million d’euros en 2003 contre 70 millions en 2008…

Asile > On estime à 140 000 le nombre de personnes qui bénéficient de l’asile politique en France.

Emploi > Pour la première fois depuis 2004, l’emploi a reculé en France au cours du deuxième trimestre. Le mouvement s’est intensifié au troisième. Désormais, le nombre de salariés est repassé au-dessous de la barre des 16 millions (15 992 800).

Retraite > 742 321 nouvelles retraites personnelles ont été attribuées en 2007, dont 117 840 retraites anticipées !

Énergie > En moyenne, les Français dépensent 1 140 euros par an en dépenses énergétiques.

Public > Les administrations publiques emploient en France 22,3 % des travailleurs, alors que la moyenne n’est que de 14,1 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE.

Sécu > Le déficit de la branche retraite de la Sécurité sociale s’est élevé à 4,57 milliards d’euros en 2007…

Radars > Les radars automatisés ont rapporté à l’État 447 millions d’euros d’amende !




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