de Beaufort Hubert - lundi 29 août 2011
dette, tea-party
La crise de la dette qui s’est déclarée après 2009 ne donne pas lieu à des consensus sociaux et nationaux, mais au contraire à l’exaspération des nationalismes et des idéologies.
Quand on regarde la lutte que se livrent aux Etats Unis Républicains et Démocrates, ce qui frappe c’est la radicalisation de leurs positions.
Les Républicains, sous la pression des Tea Party, exigent la quasi suppression des aides sociales pour réduire le budget fédéral et revenir ainsi à l’équilibre des comptes. Pour eux, seules des baisses d’impôt permettent l’investissement, la croissance et la baisse du chômage.
Le président Obama et les Démocrates estiment au contraire que les budgets sociaux en redonnant confiance aux classes populaires aideront la reprise économique qui entraînera les rentrées fiscales nécessaires. Ces budgets sociaux pourraient être alimentés par une meilleure contribution des classes privilégiées.
Derrière le débat, se profilent les élections de 2012. Les Républicains s’appuient sur leur dernier succès qui leur a permis de remporter la majorité à la Chambre des Représentants.
Que voit-on en Europe ?On constate un triple mouvement politique, social et idéologique.
Au niveau politique, les élections voient les majorités en place souvent affaiblies ou renversées alors que malaises sociaux et troubles se manifestent fréquemment, face à l’explosion du chômage. Le malaise grec est patent, celui de l’Espagne et du Portugal ne l’est guère moins et même l’Angleterre est touchée. Il est clair que l’Occident paye un quart de siècle de déficits et de laxisme budgétaire.
Des défis nouveaux qui exigent des leaders lucides
Face à l’idéologie ultralibérale des Tea Party américaines, nous voyons émerger en Europe une idéologie qui réclame d’imposer lourdement les classes privilégiées et d’une façon générale un alourdissement de la fiscalité qui, dans le cas de la France, est déjà de dix points de PIB supérieure à celle des USA et de trois à cinq points supérieure à celle de l’Allemagne.
L’association ATTAC va même plus loin en demandant la mise en accusation des banques et leur prise de contrôle : « Ce n’est pas la dette qu’il faut socialiser mais les banques ». Bien sûr, ce devra être fait sous « …contrôle démocratique » et, comme il faut dire les choses nettement, en cas de nécessité, on n’hésitera pas à « mettre en faillite les banques les plus endettées sans indemnisations des créanciers et des actionnaires. »
Transformer les banques en boucs émissaires constitue une aberration, puisqu’elles ne sont que les intermédiaires des politiques économiques et non les initiatrices.
Les investisseurs ont besoin de confiance et de fiscalité raisonnable pour décider d’investir. Condamner les paradis fiscaux est logique, mais croyants et incroyants craignent l’enfer : ce ne peut être un programme politique crédible.
Constatons que les crises entraînent souvent des réactions aussi violentes qu’opposées, mais l’Histoire nous montre que c’est l’occasion de voir émerger des dirigeants aussi résolus que responsables : Clémenceau était un homme de gauche, Churchill et de Gaulle étaient issus de familles de droite, Roosevelt et Kennedy étaient démocrates.
Notre époque doit faire face à des défis nouveaux qui exigent des leaders lucides. Nous n’avons plus droit à l’erreur, l’époque ne le permet pas : nos concitoyens en ont tous conscience et il faut les écouter.
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