Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Faire des finances et des banques les boucs émissaires de la crise n’est pas seulement une erreur, c’est une faute


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
13 VOTES
859 LECTURES

de Beaufort Hubert - lundi 15 novembre 2010


En octobre, trois affaires ont fait la Une des médias.

  • L’affaire Kerviel, qui a vu le trader condamné à payer 4, 9 milliards d’euros à la Société Générale, a fait le bonheur des humoristes, car évidemment il n’est pas crédible d’imaginer qu’un tel krach ait pu se produire sans que l’entourage de Kerviel n’ait été alerté.

  • Beaucoup plus grave : la faillite de Lehmann Brother, qui fut le déclencheur de la crise, certes causée par l’incompétence de ses dirigeants.

  • Enfin, la rémunération des traders, qui fait scandale à juste titre.

Mais il faut garder raison, car ce sont quelques arbres qui cachent la forêt.

Certes, l’informatique et ses capacités ont progressé avec une telle vitesse que, la technique s’ajoutant à la mondialisation des échanges, une partie de la finance a pensé qu’elle pouvait jouer à une roulette où tous les numéros étaient gagnants.

Ces affaires sont spectaculaires, choquantes, médiatiques, mais nous n’avons à faire qu’à l’écume des causes de la crise structurelle que nous traversons. La banque n’est pas la raison première de la crise, mais l’outil utilisé pour des politiques économiques engagées pour le meilleur et pour le pire.

Ce ne sont pas les banques qui se sont lancées dans des promotions immobilières insensées en faisant croire aux clients que la valeur de leur logement ne pouvait que croître, ce ne sont pas les banques qui sont à la base d’une publicité obsessionnelle poussant à la consommation à tout prix et à crédit. Mais là encore, le crédit était l’outil demandé par le marketing commercial.

Un vrai défi : réinvestir dans la production

Revoyons l’exemple de l’immobilier espagnol, qui a construit autant que la France et l’Allemagne réunis et se trouve maintenant avec un million de logements vides. Même drame aux USA, où les saisies immobilières frisent les 100 000 mensuelles. Dans les deux cas, les banques furent des outils – des outils consentants, certes, mais non des initiateurs.

Elles ont suivi aussi le mouvement effréné de la consommation. 70 % du PIB américain est fait de consommation. Quel est le pourcentage qui peut être supprimé sans mettre en cause le niveau de vie ? C’est la question que se posent tous les Occidentaux.

Les banques ont compris les leçons de la crise et redonnent la priorité au financement des entreprises et des particuliers s’impliquant dans l’immobilier raisonnable.

La bonne santé relative des établissements financiers, due à la faiblesse historique des taux d’intérêt, suscite la tentation d’Etats désargentés qui imaginent des ponctions diverses pour boucher leurs budgets exsangues. Ce serait une erreur, car la situation tant macroéconomique que géopolitique incertaine réclame un système bancaire solide, apte à répondre aux vrais besoins des entreprises et des particuliers.

La France, quant à elle, se trouve devant une vraie priorité : reconstituer une industrie déclinante. On ne peut continuer à vivre avec un déficit commercial de 40 milliards d’euros. Réinvestir dans la production : voilà un vrai défi pour nos entrepreneurs et pour nos banques.

Admettez-le, Messieurs les politiques : pour retrouver une France prospère et des Français confiants, il faut produire de la richesse, demander aux banques d’y contribuer, puis, ensuite, répartir cette richesse de façon à la fois équitable et efficace.

Un rêve direz vous ? Non, une espérance.

Hubert Beaufort,

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame


6 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site