Rouxel Jean - mardi 20 juillet 2010
fiscalite
François Fillon a lâché le mot tabou : il a parlé de « rigueur ». Aussitôt, toutes les officines politico-médiatiques se sont mises en branle.
Y aura-t-il rigueur ou non ? Faut-il plutôt parler d’austérité ? Depuis quelques semaines, voilà à quoi se résume le débat public, quand il ne s’embourbe pas dans les affaires politico-financières.
Personnellement, je dois avouer que je ne comprends pas un traître mot à ce prétendu débat. De quelque nom qu’on l’appelle, il est évident qu’il va bien falloir mener une politique de réduction des dépenses publiques.
Je sais bien que l’on parle également de hausse des prélèvements obligatoires, mais je ne vois pas comment on pourrait augmenter ces prélèvements obligatoires sans danger pour la fragile économie française.
Philippe Marini, rapporteur général du budget au sénat, proposait ainsi de passer le taux réduit de TVA de 5,5 % à 8 %. Je n’y vois aucun inconvénient (et même beaucoup d’avantages), à condition que l’on diminue d’autant l’IRPP, que l’on supprime l’ISF, ou, mieux encore, que l’on allège les charges pesant sur les entreprises.
La TVA a en effet ceci de bon qu’elle pèse indifféremment sur tous les produits et qu’ainsi, elle nous évite de subventionner les produits étrangers.
Mais le problème, bien plus qu’à la répartition des différents impôts, tient au niveau global des prélèvements obligatoires et, davantage encore, au niveau de la dépense publique.
Alors, une politique de rigueur, oui, si on entend par là une diminution significative des dépenses publiques improductives (une part non négligeable de la fonction publique et le coût de la dette, en particulier). Mais, non, mille fois non, s’il faut une nouvelle fois, faire « cracher » le contribuable pour éviter à l’État de se réformer !
Il faut avouer que ce pseudo-débat sémantique a de quoi inquiéter. Si, à la veille de lancer des réformes forcément impopulaires, le gouvernement n’est même capable d’assumer le simple mot de « rigueur », il y a fort à craindre qu’il sera plus incapable encore de mettre en œuvre ces réformes.
Il faut donc remercier Fillon d’avoir osé violer un tabou. Encore ne l’a-t-il fait qu’aux antipodes (à Tokyo) et devant un parterre d’entrepreneurs, a priori convaincus de l’utilité de ne pas voter des budgets en déficit ! À deux ans de 2012, va-t-on enfin s’intéresser aux réformes ?
Et, puisqu’il s’agit de sémantique, puis-je rappeler que le contraire d’une politique rigoureuse ne peut être qu’une politique brouillonne ?…
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