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Fiscalité écologique : un coût exorbitant


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Rouxel Jean - mardi 23 septembre 2008

ecologie, fiscalite
La semaine dernière a été l’occasion d’un nouveau cafouillage dans la communication gouvernementale, au sujet de la fiscalité énergétique.
Jean-Louis Borloo annonçait dans Le Monde du 18 septembre son intention de généraliser son fameux bonus-malus à un certain nombre de produits de consommation courante. Le même jour, le Premier ministre, François Fillon, annonçait qu’il n’en était pas question. Dans la foulée, dans Libération du 20 et 21 septembre, Nicolas Hulot, « star » du Grenelle de l’environnement, réclamait un débat général sur la fiscalité énergétique et il est probable que sa demande soit assez largement reprise par la majorité, qui pourrait voir là une occasion de sortir de la crise de communication.

Le problème, c’est que la crise n’est pas uniquement de communication, mais aussi, plus sérieusement, de fond : que veut faire l’État ? que peut faire l’État ? que doit faire l’État ?

Manifestement, ces trois questions doivent être un peu trop simplistes pour nos « chers » dirigeants, car nous n’avons pas la moindre réponse.
Hulot a raison : il faut sortir du flou. Mais, réclamer à cor et à cri une fiscalité énergétique dans l’état actuel des finances publiques et privées, c’est se moquer du monde !

L’État n’a plus les moyens d’une politique de « grands travaux », à la keynésienne
. Ses finances sont exsangues. Mais le contribuable n’a pas davantage la possibilité de remettre la main à la poche. L’augmentation continue des impôts, sous tous les gouvernements, y compris l’actuel, jointe à une inflation qui repart, ne nous en laisse pas les moyens.

La seule chose qui reste possible, c’est donc une remise à plat de toute la fiscalité française. Mais, pour cela, il faut d’abord s’entendre sur ce que l’État doit faire. Nous pouvons donner quelques pistes d’économie au gouvernement : il est inutile que l’État s’occupe d’éducation (sauf en défiscalisant les dépenses scolaires des parents) ; il est inutile de faire une « politique de la ville »… Et surtout il serait fort utile de se souvenir que la politique sociale, la politique des transports… sont désormais des prérogatives des collectivités locales et que l’État pourrait donc cesser de payer des agents dans ces domaines ! Une fois cette émondation faite, nous sommes d’accord pour reparler fiscalité, mais pas avant !

Ensuite, nous pourrons éventuellement passer de la fiscalité du travail ou de l’épargne à une fiscalité écologique. Mais nous ne pourrons certainement pas envisager une fiscalité écologique sans réduire les autres !

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