Milliere Guy - lundi 20 décembre 2004
Dans les années soixante, il se disait en France et en Grande-Bretagne qu’il fallait aimer l’Allemagne, et que, pour cela, il fallait se réjouir qu’il n’y ait pas une Allemagne, mais qu’il y en ait deux. C’était faire peu de cas des souffrances endurées par les Allemands de l’Est soumis à la dictature communiste. Depuis, l’histoire a avancé, le mur de Berlin est tombé, l’Allemagne est réunifiée. Ce grand pas effectué en direction de la liberté s’est néanmoins accompagné de conséquences... L’Allemagne d’aujourd’hui entend tourner la page de son passé et se veut au cœur de la construction d’une Europe pacifiste qui s’éloignerait des États-Unis et des valeurs de l’Occident. Elle s’entend de plus en plus étroitement avec la France néo-gaulliste pour avancer en cette direction. La France en profite pour tenter de réaliser ses obsessions de retrouvailles avec la puissance perdue. L’Allemagne est de plus en plus anti-américaine, comme la France. Elle est aussi - cela va de pair avec l’anti-américanisme, en général - de plus en plus anti-israélienne. Le chancelier Schröder était, voici peu, en Chine, pays encore communiste, et s’y montrait peu regardant pour les droits de l’homme, trop heureux de pouvoir signer des contrats lucratifs, quitte à ce que le prix de ces contrats soit le sang des victimes du laogaï, le goulag chinois. Schröder s’est, dans son élan, déclaré favorable à ce que l’embargo sur les ventes d’armes européennes à destination de la Chine soit levé. Cela m’a rappelé que Chirac était récemment en Chine où il avait manifesté la même attitude. Cela m’a conduit à examiner la situation en Asie et à me demander à quoi servirait ce réarmement accentué de la Chine, souhaité par l’Allemagne et par la France, et j’ai pensé à Taïwan, donc à la Chine démocratique, que Pékin voudrait remettre au pas. J’ai songé aussi aux revendications chinoises qui, si elles étaient satisfaites, permettraient à Pékin de maîtriser l’ensemble du commerce maritime entre l’Extrême-Orient et le Proche-Orient, avec toutes les conséquences qui pourraient en découler en matière d’approvisionnement pétrolier, voire de commerce avec l’Europe. L’Allemagne et la France souhaitent-elles donc que la Chine devienne la puissance militaire dominante en Asie ? Souhaitent-elles que la Chine puisse tenir à la gorge la Corée du Sud et le Japon ? Vraiment ? Décidément, l’anti-américanisme et l’anti-israélisme peuvent mener loin…
Lobbying pro-communiste
L’anti-américanisme et l’anti-israélisme peuvent mener tellement loin que l’Allemagne réunifiée et la France néo-gaulliste ne se contentent pas de faire du lobbying en faveur du réarmement de la Chine communiste, de façon à lui permettre de contrôler l’approvisionnement pétrolier de la Corée du Sud et du Japon (et donc de rendre possible une alliance Chine-dictatures islamiques pouvant exercer un chantage sur le monde libre) ; l’Allemagne et la France semblent tenir à ce que la dictature islamique iranienne puisse disposer bientôt de l’arme atomique. Quiconque lit les accords signés entre l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne (que le couple pervers franco-allemand a entraînée dans cette galère avec des arrière-pensées évidentes) et les mollahs de Téhéran, comprend qu’il s’agit de permettre à ceux-ci d’être à la tête d’une puissance nucléaire et de rendre plus difficile toute intervention américaine ou israélienne contre la nucléarisation de l’Iran. Pourquoi l’Allemagne et la France veulent-elles que les mollahs disposent de l’arme atomique ? Pour renforcer le statu quo dans le monde musulman, pour favoriser leur stratégie à moyen terme : Chine grande puissance, dictatures islamiques alliées de la Chine, Europe dominée par l’Allemagne et la France. La Corée du Sud et le Japon seraient les victimes du lobbying pro-Chine communiste ; Israël serait la victime immédiate des mollahs dotés de l’arme atomique. Les États-Unis seraient géopolitiquement déstabilisés et, avec eux, tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la liberté. Je ne parviens pas à me dire que l’Europe serait gagnante dans tout cela, ou alors il faudrait que je me fasse à cette idée : l’Allemagne et la France veulent une Europe puissance anti-américaine, anti-israélienne, très modérément démocratique, alliée à ce qui reste du communisme et aux dictatures musulmanes. J’aime tellement l’Europe politique esquissée par le couple germano-français que je voudrais qu’elle éclate en 25 ou 30 morceaux et ne soit plus qu’un mauvais cauchemar !
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