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France Allemagne : comparaison économique |
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Trémeau Bernard - vendredi 27 juillet 2007
economie, france, allemagne
Vous allez partir en vacances. Vous laissez une France encore bien malade. Quand un Marché commun unit 27 pays, les barrières douanières sont supprimées et hommes, capitaux, informations ou marchandises circulent librement. Une monnaie commune unit même maintenant pour le meilleur et pour le pire 12 pays européens, dont la France et l’Allemagne. La concurrence existe ainsi entre les entreprises de tous les pays. Le pays qui rend ses entreprises compétitives prépare bien ses joueurs, et il gagne la partie. Le pays qui les rend moins compétitives perd la partie. Dans le grand match économique qui se joue entre l’équipe d’Allemagne et l’équipe de France, une très curieuse évolution est observée. Tandis que les Français n’ont toujours pas compris ce qu’était la concurrence, et alourdissent de plus en plus les charges de leurs entreprises, les Allemands font l’inverse, depuis 2004, coulant ainsi l’économie française. Quelques chiffres…
Les impôts que payent les entreprises françaises à l’État représentent en 2004 (source OCDE) 16,4 % du PIB, alors que ceux que payent les entreprises allemandes ne représentent que 8,4 % du PIB. Détail intéressant, depuis 2004 l’Allemagne réduit de façon importante les impôts de ses entreprises, alors que la France continue à les augmenter régulièrement et fortement.
Des multiples contraintes que l’État français fait peser sur ses entreprises, retenons seulement les contraintes sur le temps de travail. Abaisser l’âge de la retraite à 60 ans (voire même à 50 ans comme certains salariés de la SNCF), alors que la durée de vie augmente en France de 3 mois tous les ans, c’est faire augmenter à toute vitesse les charges sociales finançant ces retraites, donc alourdir les prix de revient de nos entreprises.
En 2005 (source OCDE) la durée annuelle du travail était de 1 372 heures en Allemagne et de 1 446 en France. Les Français étaient compétitifs. Mais la durée du travail était de 1923 heures en République Tchèque et de 1970 heures en Pologne.
Allemands et Français n’étaient plus compétitifs. Les Allemands ont donc décidé de repousser l’âge du départ à la retraite à 67 ans tandis qu’en France les jeunes retraités de la SNCF continuaient à quitter l’entreprise à 50 ans et trouvaient un job très bien rémunéré à l’étranger. France et Allemagne ont fait deux choix différents.
Les Allemands aiment leurs entreprises
Contraindre en France les salariés à travailler 35 heures payées comme 39, c’est augmenter automatiquement les salaires de 14,2 %. (C’est aussi contraindre certains hôpitaux, faute de personnel qualifié, à fermer une partie de leurs salles d’opération pendant le mois d’août). L’ancienne Sogerma française, presque en faillite, était repartie du bon pied, la majorité de ses salariés ayant décidé de travailler 39 heures payées comme 35. Mais la CGT s’y est opposée et la justice française a donné raison à la CGT… Dans le même temps, les salariés de nombreuses entreprises allemandes ont décidé de travailler 39 heures payées comme 35 pour éviter leur fermeture. Les Allemands ont fait le choix inverse des Français.
L’observation de l’évolution des coûts salariaux horaires en France et en Allemagne fait froid dans le dos (source Eurostat). En 1996 le salaire horaire moyen d’un Allemand était supérieur au salaire français (107,1 %). Les salaires ont augmenté dans les deux pays, mais bien plus rapidement en France qu’en Allemagne : Les salaires allemands ne représentent plus en 2006 que 91,5 % des salaires français. Avec une telle différence, on ferme l’entreprise installée en France.
Signalons une dernière évolution tout aussi surprenante. Les Français ont choisi d’imposer par de nombreux impôts le capital, rajoutant même en 1989 l’ISF. Depuis, les capitaux préfèrent s’investir à l’étranger, en Allemagne au besoin. Or, pour augmenter la productivité française, il faut investir en France. Dans le même temps, l’Allemagne a supprimé l’ISF en 1997 et l’a même rendu anticonstitutionnel depuis… L’Allemagne a fait le bon choix pour ses entreprises.
Telle est la réalité chiffrée du match France Allemagne. Si une rupture dans le comportement des salariés et de l’État n’intervient pas, nous sombrons un peu plus chaque jour.
Passez de bonnes vacances (à l’étranger, c’est beaucoup moins cher…).
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