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France : grands corps malades


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Gizardin Henri - vendredi 18 février 2011


La France est malade de ses grands corps étatiques. Éducation, Justice, Police, Diplomatie ne sont pas en très bonne santé. Certains subissent les assauts d'épidémies saisonnières, d'autres sont victimes d'un virus dormant qui s'éveille lors de spasmes corporels. Un seul, la Défense, dont la tradition est le mutisme, ne fait guère de bruit, encore que l'on ait vu il y a quelques mois des rassemblements inattendus de gendarmes.

Depuis des décennies l'État s'est engagé dans des domaines que les circonstances ou la nécessité ont distrait de son rôle souverain et qui ont dispersé son budget en creusant inexorablement les déficits. L'Éducation est devenu le poste principal de ses dépenses. Le paiement des intérêts de la dette est devenu le second ! Le premier a un retour sur investissement de plus en plus contesté (contester, écriraient nombre de bacheliers et de journalistes). Le second est proprement insupportable!

Les missions régaliennes ont souffert de ces « détournements » de l'argent public. La Justice en est une, éminente, qui bénéficie pourtant d'un des budgets les plus minces !

Pour autant , il apparaît indécent que les magistrats, corps de fonctionnaires, fomentent une « mutinerie » quand le chef de l'État émet des critiques et exige une enquête à la suite d'un fait particulièrement dramatique. La victime disparaît derrière le hourvari en robes. Horreur, la magistrature est attaquée, oubliant le véritable l'agresseur!

S'exonérer d'une faute par manque de moyen est insupportable en la circonstance.

À chaque intervention des forces de police avec usage des armes, l'IGS est systématiquement commise pour apprécier les responsabilités et fautes éventuelles. Lorsque des soldats (engagés volontaires) perdent la vie en opération, les familles exigent désormais une enquête. Une employée d'un Conseil régional écrit un livre expliquant les « charges de travail »; elle est mise à pied. Les praticiens hospitaliers subissent des sanctions pour faute, comme ceux du privé. Nul ne peut et ne doit échapper à sa responsabilité, qui est le corollaire de la compétence et de la dignité individuelle.

Le corps judiciaire ne peut faire exception à ce principe, au prétexte fallacieux que la Justice est indépendante. Elle est rendue au nom du peuple français ce qui rend celui-ci d'autant plus exigeant, à bon droit.

La Constitution a inscrit récemment dans ses lignes le principe de Précaution. Le barbare de Pornic y a échappé pour surcharge de dossiers! Le principe de Priorité pourrait-il être enseigné à l'École de la Magistrature ?


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