Rouxel Jean - dimanche 30 janvier 2005
Ce week-end, se tenait à Paris le congrès annuel de l’UDF. La ligne de François Bayrou y a été largement plébiscitée, le président sortant recevant près de 98,5 % des suffrages des militants. Si la victoire de François Bayrou était largement prévisible, il n’est pas inutile de voir contre qui ou contre quoi le Béarnais a gagné. La principale source d’opposition venait de l’unique ministre UDF du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Gilles de Robien. Celui-ci invitait ses collègues à demander des maroquins pour le prochain remaniement. Face à cette proposition, l’intransigeance du Président centriste est restée intacte. Cette intransigeance a sauvé l’UDF d’une mort annoncée, en 2002. Il est vrai aussi que l’UMP n’a pas voulu, à l’époque, paraître trop hégémonique : la formation majoritaire a renoncé à investir des candidats dans une quarantaine de circonscriptions en mai 2002 et a ainsi sauvé la mise à un groupe parlementaire centriste qui ne lui en a pas beaucoup de reconnaissance… Car il importe de noter que l’électorat de l’UMP et celui de l’UDF sont à peu près identiques. À ceci près, peut-être, qu’aujourd’hui certains électeurs de droite, lassés du chiraquisme, se défoulent en votant Bayrou, comme d’autres se défoulent en votant Le Pen. Malgré cette communauté d’électorat, l’intransigeance de François Bayrou n’a pas seulement pour but de sauvegarder son pré carré. Elle est également révélatrice d’une certaine conception du rapport de forces politique, conception que nous combattons de toutes nos forces dans ces colonnes. En effet, François Bayrou a déclaré, contre Gilles de Robien, que « faire un choix pour la France imposait de n’être ni dans un camp, ni dans l’autre » – ce qui ne peut vouloir dire qu’une chose : n’être ni de droite, ni de gauche. Nous considérons, quant à nous, que le clivage droite-gauche structure durablement la vie politique française. Et que la vie politique française meurt du fait que les politiques recueillant les suffrages du « peuple de droite » n’osent plus se déclarer clairement de droite. En d’autres termes, même si l’on peut éprouver de la sympathie pour la relative liberté d’esprit de M. Bayrou, même si l’on peut apprécier ses critiques de l’esprit godillot et de la lenteur du gouvernement à agir, on est obligé de constater que, refusant de se déclarer de droite, le président centriste marque contre son camp !
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