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François Hollande n’est pas encore à l’Élysée !


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Rouxel Jean - mardi 18 octobre 2011

2012, parti-socialiste, hollande
Le deuxième tour de la primaire socialiste a donné une nette victoire à Fran­çois Hollande sur Martine Aubry (autour de 56,4 % des suffrages exprimés, selon les résultats disponibles lundi matin).

Il faut dire que l’ensemble des battus du premier tour (Baylet, Valls, Royal, puis Montebourg) avaient appelé à le soutenir. À tel point que la vraie surprise tient plutôt à la progression de Martine Aubry qui passe de 31 % à 43 %. Ce qui prouve, une nouvelle fois, que la logique des électeurs n’est pas toujours celle de leurs « représentants »…

Cela étant, François Hollande sort donc vainqueur, renforcé par une large participation (même si les remarques que je faisais, à ce sujet, la semaine dernière restent d’actualité).

Il importe cependant de noter que cette « légitimité », sur la­quelle glosent les médias depuis des jours, est ténue.
Rappelons que, lors des primaires de 2006, Ségolène Royal l’avait emporté par plus de 60 % des voix, dès le premier tour… et contre des concurrents autrement plus solides que Martine Aubry (Fabius et Strauss-Kahn). Ce qui ne l’avait pas empêchée de perdre largement à la présidentielle.

Il est loin d’être certain que les « éléphants » vont soutenir efficacement Hollande.
D’autant qu’Aubry, la candidate malheureuse, vient de reprendre son poste de Premier secrétaire du parti.
La seule chance pour Hollande, c’est que les élus socialistes veulent ardemment cette victoire. Voilà 10 ans qu’ils sont « privés » du pouvoir. Ils sont donc capables de s’unir derrière n’importe qui.
Seulement, voilà, il leur faudra un peu plus que « n’importe qui » pour gagner.

Après le tintamarre médiatique, les vrais problèmes se présentent désormais pour Hollande.
D’abord, parce que les trois mois qui viennent vont être – par la volonté du CSA – largement dominés médiatiquement par l’UMP pour rattraper le déséquilibre dû aux primaires.

Ensuite, parce que le programme du PS est imprésentable. Et que même les électeurs de gauche savent pertinemment qu’il est purement démagogique.

Enfin, parce que la personnalité de Hollande ne risque pas d’enthousiasmer.
Il est vrai que celle de Sarkozy est largement rejetée – y compris par les électeurs de droite. Mais, dans la crise, la question de l’expérience sera centrale.

Contrairement à ce que disent les sondages, les jeux sont loin d’être faits. Rappelons qu’à l’automne 1994, Jacques Chirac plafonnait autour de 15 %…

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