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Fraternité planétaire


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Lance Pierre - dimanche 23 janvier 2005


Le cataclysme survenu le 26 décembre dans l’Océan Indien a bouleversé l’humanité entière et a mis en évidence le fait que notre planète était vraiment devenue un village.

La solidarité internationale s’est manifestée aussitôt, donnant soudain aux plus sceptiques une image saisissante de l’ébauche d’une fraternité planétaire. Le gigantisme du malheur faisait paraître dérisoires et mesquins tous les conflits en cours.

L’armée américaine se précipitait au secours des Indonésiens musulmans, tandis qu’au Sri Lanka on voyait Cinghalais et Tamouls, qui se combattent depuis trente ans, décider une trève et se prêter la main pour enterrer les morts et secourir les blessés.

Une tragédie de cette ampleur donne à réfléchir sur les rapports humains.

Si l’amour universel est une utopie, la haine universelle est elle-même un mythe. En tous temps et en tous lieux, il n’y eut et il n’y a affrontement que lorsqu’un peuple prétend s’imposer à un autre. Dès que chacun reste chez soi, tout va pour le mieux. On n’est pas obligé de s’aimer, mais rien non plus ne pousse à se détester et, plus encore que la musique, le commerce adoucit les mœurs. Mieux vaut échanger des produits qu’échanger des coups. C’est pourquoi le libéralisme mondial, ou, si l’on préfère, le mondialisme libéral, est la seule solution d’avenir. Sans doute n’est-il point parfait, mais rien n’interdit de le parfaire et, à tout prendre, je préfère ses imperfections aux perfections théoriques des systèmes étatistes collectivistes qui détruisent toute liberté au nom de l’égalité.

Toutefois, pour que le commerce adoucisse les mœurs, encore faut-il qu’il soit loyal et que l’industrie respecte partout les mêmes règles. Nous en sommes loin.

Sans aller jusqu’à « universaliser le social », comme le voudraient les socialistes et Jacques Chirac, on ne peut tolérer nulle part le travail forcé des enfants. Et je voyais l’autre jour dans un reportage télévisé de jeunes Chinoises qui avaient pour tout logement un matelas et une chaise dans un coin de leur usine. À ce compte-là, il n’est pas difficile de produire à bas prix et de concurrencer les entreprises occidentales. Alors, importation libre, soit, mais avec un minimum de respect des travailleurs, où qu’ils soient. (Il va falloir que les capitalistes apprennent à un pays communiste à respecter les ouvriers. On croit rêver !)


Halte aux adoptions à l’étranger !

Si l’on peut espérer apercevoir la fin des guerres entre les États, une autre forme de conflits nous menace : les guerres civiles interethniques à l’intérieur des nations. C’est pourquoi il est impératif de juguler l’immigration, qui bouleverse les équilibres démographiques et culturels et nous prépare des fleuves de sang pour 2020. Et surtout pas de Turquie en Europe, qui multiplierait ce risque par deux ou par trois !

Pour juguler l’immigration, il faut également stopper celle des enfants, notamment l’immigration adoptive. Ce qui nous ramène à l’après raz-de-marée. Le cataclysme a fait des milliers d’orphelins. Et l’on vit aussitôt les bonnes âmes de chez nous se porter candidates à l’adoption. Heureusement, les pouvoirs publics de divers pays ont bloqué la frénésie adoptive, qui risquait de provoquer un odieux trafic d’enfants enlevés.

On recommande le parrainage, cent fois préférable à tous points de vue. Mais, catastrophe ou pas, l’adoption d’enfants non européens en Europe doit être interdite. J’ai abordé ce problème dans notre n° 438, ce qui m’a valu une bordée d’injures de la part d’adopteurs fanatiques, incapables de prendre conscience qu’ils se rendent coupables de déportation. Mais c’est très agréable d’être injurié : cela prouve que le contradicteur n’a pas d’arguments et son injure même vous donne raison. Bien sûr, on m’accuse de racisme. Mais ce sont les antiracistes patentés qui préparent les conflits racistes de demain. Pour les éviter, une seule recette : chacun chez soi, chaque peuple sur son territoire, chaque culture dans son domaine. Nous pourrons alors nous comprendre et nous respecter les uns les autres, faire du tourisme et du commerce la fleur à l’oreille et le sourire aux lèvres. Quant à moi, j’aime tous les peuples de la Terre et rien ne me réjouit davantage que des peuples fiers et des nations libres. Mais l’impérialisme, le colonialisme, le cosmopolitisme et l’immigrationnisme sont fauteurs de guerre objectivement complices.


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