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Frédéric Mitterrand : La France qui fait honte


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Rouxel Jean - jeudi 08 octobre 2009

culture
« Il y a une Amérique généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine Amérique qui fait peur, et c’est cette Amérique-là qui vient de nous présenter son visage », a déclaré le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, en apprenant l’arrestation en Suisse du cinéaste Polanski, recherché aux Etats-Unis depuis près de trente ans pour avoir sexuellement abusé d’une mineure, préalablement droguée.

Sauf à considérer que l’indiscutable talent cinématographique de Roman Polanski lui donne tout les droits, y compris celui de violer une gamine, on comprend mal en quoi cette arrestation serait particulièrement « épouvantable », pour reprendre la formule de Frédéric Mitterrand. Jusqu’à preuve du contraire, l’Amérique d’Obama reste un Etat de droit, comme l’était déjà celle de Bush.

Mais la solidarité du ministre français de la Culture avec le cinéaste franco-polonais s’explique peut-être autrement que par des considérations géographico-psychologiques ; et le visage que nous présente cette France-là nous fait honte.
 
Frédéric Mitterrand a publié en 2006 un livre intitulé « La Mauvaise vie », en vente à la Fnac au rayon littérature, mais qui est écrit à la première personne du singulier et ressemble beaucoup à une série d’anecdotes autobiographiques. Dans l’avant-dernier chapitre, intitulé « Bird », il décrit une vente aux garçons dans un club thaïlandais, témoignage (vécu?) sur le tourisme sexuel :
 
« Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distinctive de l’établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillots 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, slips, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l’air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu’ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d’où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l’aine, en évidence. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. (…).
 
« Evidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l’égard de la duplicité des médias je sais ce qu’il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l’inconscience ou l’âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé où crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Je m’arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout ; je n’arrête pas d’y penser mais cela ne m’empêche pas d’y retourner.
Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu’un tel spectacle, abominable d’un point de vue moral, est aussi d’une vulgarité repoussante. Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système ; celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfin choisir. J’ai ce que je n’ai jamais eu, j’ai le choix ; la seule chose que l’on attend de moi, sans me brusquer, sans m’imposer quoi que ce soi, c’est de choisir. Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes baths, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. »
 
Les pages qui suivent sont consacrées à la description très concrètes de ce qu’il se passe après le choix, à l’hôtel. Frédéric Mitterrand ou le plaisir acheté, tiré de l’esclave sexuel. Il faudra y repenser, avec une jubilation amère, la prochaine fois que les Sarkozy, Rama Yade et consort viendront nous reparler du crime contre l’humanité perpétré par les négriers européens au XVIIe siècle. Tout de même, ces ancêtres, quels salauds ! Nos modernes négriers, acheteurs de viande sexuelle, nous en faisons des ministres de la Culture. Et que l’on ne vienne pas prétendre que Nicolas Sarkozy n’était pas au courant, lorsqu’il a nommé Frédéric Mitterrand, du contenu de son livre : le mois suivant cette nomination, un nouveau tirage de « La Mauvaise vie » a été réalisé, en collection de poche !

On comprend donc mieux que Mitterrand vole aujourd’hui – comme Jack Lang – au secours de Polanski. Il a violé une gamine de 13 ans ? La belle affaire ! La caste à laquelle il appartient comme eux est au-dessus de ce genre de contingence. Qu’on les taquine pour ces broutilles ? « Epouvantable »…
 
Malheureusement, l’actualité vient troubler leur défense. On apprend qu’une femme a été enlevée, probablement violée, puis tuée en forêt de Fontainebleau par un criminel récidiviste, coupable voici une dizaine d’années d’avoir kidnappé, séquestré et violé une enfant de 13 ans – c’est-à-dire de s’être rendu coupable à l’époque du même crime que celui qui est reproché à Roman Polanski. Condamné à onze ans de prison seulement, cet homme n’a purgé que sept ans de sa peine avant de bénéficier, en novembre 2008, d’une libération anticipée pour bonne conduite et s’est réinstallé, sans être soumis à un quelconque contrôle judiciaire, à quelques centaines de mètres de l’habitation des parents de sa première victime.

Le rapport entre ce criminel récidiviste, le cinéaste franco-polonais et l’actuel ministre de la Culture, amateur de marché aux gosses ? Cherchez bien et vous trouverez.

C’est pourquoi nous vous demandons de signer la pétition que nous adressons aujourd’hui à Nicolas Sarkozy afin d’exiger le renvoi du gouvernement de Frédéric Mitterrand, apologiste de l’esclavage sexuel et honte de la France.

Jean Rouxel
redaction@les4verites.com

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